Ce samedi fut calme. Mon frère accompagné de ma mère reviennent de faire les courses et passent me dire un petit bonjour. Le WE, je vis généralement comme une recluse, appréciant le silence de la maison. Ma brunette dort après une dure nuit de labeur au vestiaire d'une boite de nuit qu'elle a quitté au petit matin.

Mes visiteurs s'en vont et le silence revient et m'enveloppe. Le soleil disparait peu à peu derrière de gros nuages menaçants et j'entends déjà le bruit étouffé d'un tonner lointain résonnant sur le versant des montagnes qui entourent ma maison. Le vent se lève, les volets claquent et je monte à l'étage vérifier que toutes les fenêtres sont fermées. Je ne sais pas trop quelle heure il est lorsque brunette fait son apparition. Nous échangeons quelques mots, quelques sourires. Je lui raconte ma soirée d'hier avec Anne Roumanoff  pendant qu'elle fait réchauffer le plat préparé à son attention.

Brunette monte se préparer et j'éprouve soudainement le besoin de reprendre mon livre laissé la veille, Le Parfum, que m'a gentiment prété une collègue de travail en me disant, "bof, pas terrible"...

leparfumLa lumière extérieure baisse très vite et il commence à pleuvoir.  Je m'isole alors dans ma  chambre, m'allonge  sur mon lit, allume la lampe de chevet intégrée au lit-pont, réglée juste pour qu'une lumière diffuse éclaire les pages de mon livre quelle que soit la position, droite ou gauche, dans laquelle je me place. Quelques minutes plus tard, Brunette vient s'asseoir sur mon lit et me demande ce que je lis. Je lui dis simplement qu'il faudra qu'elle le lise. Elle me parle des élections et me dit qu'elle ne sait toujours pas pour qui elle va voter demain. Nous échangeons quelques mots sur le sujet, je lui explique qu'elle est libre de voter qui elle pense se rapprocher au mieux de ses convictions sans l'obliger toutefois à se conformer à ce que je lui dit en ce qui concerne les divers candidats. Elle semble un peu plus rassurée et quitte la maison pour retrouver quelques amis avant de rejoindre son travail nocturne du weekend. Elle me demande si elle ferme à clé en partant, déçue quand même de ne pas me voir sortir.  J'acquièse d'un oui sonore afin qu'il atteigne l'extérieur de la porte d'entrée où elle se trouvait déjà.

La porte claque, un bruit de clé dans la serrure et le silence revient. Je me sens bien, l'esprit libre et j'ouvre à nouveau le livre et continue ma lecture. Lorsque je sors tout étourdie de mon voyage dans les parfums, imprégnée de la vie absolument étonnante du héros, Jean-Baptiste Grenouille, quelques heures ont passées. Quelques heures où j'ai oublié que j'existais pour me fondre totalement dans cette histoire étonnante et passionnante. Je me suis pris à faire frémir mes narines comme si j'allais sentir toutes ces odeurs. Cet homme sans odeur, dont le nez est un bijou de perfection, m'a entraînée dans son histoire avec une facilité déconcertante. Je me suis prise à n'avoir qu'une seule envie, sentir ce qu'il sentait. Je me suis prise à ce qu'il atteigne son objectif, ce parfum à la fois miraculeux, sordide, terrible...
J'ai vécu avec lui, comme un animal dans cette grotte isolée, loin des parfums et des odeurs de la ville...

Je ne vous dévoilerais pas la fin, juste vous donner envie de le lire si vous ne l'avez pas lu. Maintenant, il faut que je m'extirpe de ce parfum enveloppant dans lequel ce livre m'a plongée.