baragesL’amitié telle que je la conçois est un ilot de partages. Elle est ce qui relie deux êtres en mariant leurs différences ou leurs ressemblances.

L'amitié de W s’apparente à un barrage, d’un côté il déborde et de l’autre il distille le débit nécessaire mais surtout juste suffisant, sans trop ni pas assez.

Ce lac existe pourtant, je l’ai vu, je l’ai senti, je m’y suis baignée, mais je n’ai pas réussi en en ouvrir tout grand les vannes. Une felure profonde et grave de la digue a fait que la réparation a pris du temps et que le barrage n’en est devenu que plus solide. Un os ne se fracture jamais deux fois au même endroit dit-on, il en va de même pour ce barrage, il tiendra jusqu’au bout et ne cèdera plus.

Moi pauvre humaine asséchée d’amitié, ma santé dépend pourtant de ce que contient ce lac et quand les vannes s’ouvrent, c’est comme une averse de bien-être qui m’inonde comme elle submerge une nature arride, avide de cette eau claire et bienfaisante. Il n’est pas nécessaire qu’elles s’ouvrent souvent, le moindre filet d’eau est un cadeau que j’attends…

Je n’ai pas aperçu ce lac depuis longtemps, l’eau se fait rare mais il est là, grouillant de vie. Il se déverse ça et là de temps en temps mais il se protège car c’est une eau rarissime et convoitée. J’ai juste envie de boire à m’en asphyxier cette eau bienfaisante.