lundi 05 mai
Lucidité...
Diogene ou la lucidite
www.gilbert-garcin.com
Je discutais l'autre soir avec W qui est venu me rendre visite. J'étais très heureuse car nous ne nous étions pas vu depuis longtemps et j'en ai profité pour lui remettre un petit cadeau pour ses 51 ans.
Nous avons beaucoup discuté et je suis heureuse de voir qu'il va un peu mieux depuis qu'il est suivi psychologiquement par un excellent psy. Ses crises de nosophobie viendraient "simplement" d'une combinaison chimique apportant un taux d'adrénaline trop élevé dans le sang. Je simplifie un peu les choses mais c'est ce que j'ai compris de ses explications. Cela dit, à vivre, ça semble être l'enfer pour lui qui m'a même confié avoir été au bord du suicide.
Je le connais bien maintenant et j'ai eu cette réflexion "tu es beaucoup trop lucide... ". Il a acquiésé en me disant que c'était tout à fait ça. On vit beaucoup mieux en fermant quelquefois les yeux volontairement ou involontairement. Cette phrase que je lui ai dite est venue du plus profond de moi et c'est sur cela que nous sommes très différents. Il est beaucoup trop lucide sur le monde qui l'entoure et cela lui pourri une partie de son existence... C'est ce que j'ai ressenti dans tous nos échanges.
J'en viens à la conclusion que je ne suis pas lucide car cela me ferait trop de mal... Il m'arrive quelquefois de l'être mais je passe vite à autre chose... je mets vite la tête dans le sable en attendant que ça passe.
Mais quelquefois un truc me sert dans la gorge et la poitrine quand je pense...
"je me sens seule, je suis seule, ma blondinette a quitté la maison pour ne plus y revenir, ...enfin plus jamais comme avant, et Brunette est sur le point de faire de même dès qu'elle sera "installée" dans son CDI. Ma mère n'a plus vingt ans et je ne l'aurais pas toujours et je ne sais pas de quoi demain sera fait, ma belle-soeur est très malade à cause d'un putain de cancer qu'elle traine depuis 10 ans et qui ne se guéri pas...au contraire, mon frère semble au bout du rouleau bien qu'il fasse tout ce qui est en son pouvoir pour l'aider, la chérir, la caliner, lui faire plaisir... "
Finalement, quand je suis lucide sur tout ça, je me dis que la vie n'est pas très heureuse...
Alors je préfère quelquefois NE PAS ETRE LUCIDE....
lundi 28 avril
Marre
Y en a marre de tout ça... Le star system, les people, les paparazzi. Nous refusons les contraintes des religions et nous acceptons de payer pour cette merde en page...
Dans la salle d'attente d'un radiologue, je lisais encore ce matin... parce que je n'avais pas vraiment le choix, Gala... la même merde... On passe au peigne à poux les vedettes et on ne regarde que ce qui reste sur le peigne...
Si c'est toute la culture que l'on propose... c'est démoralisant...vous trouvez pas ?
Je trouve même bizarre que Carla aie quitté la une de ces revues à la cons, alliénisantes....
J'ai vu Jenifer Lopez avec ses jumeaux... on la voit s'occupant d'eux, passant des heures de nuit et de jour avec couches, poussettes et biberons.. mais alors ??? à quoi servent les 15 nurses qu'ils ont embauchées ???
;o)
samedi 26 avril
Une belle histoire

Un dimanche soir, j'"enfile ma tenue" d'auxiliaire de vie et je me rend chez N dont je m'occupe depuis quelques semaines. Politesses d'usage, je pose mes affaires dans la chambre qui m'est réservée, j'enfile mes pantoufles et après m'être laver les mains, je m'occupe de lui préparer son repas et de la faire manger. J'aime bien ce moment, nous papotons, nous nous racontons nos semaine, nos rencontres...
Après le repas, elle me demande de l'inscrire sur 123Ren.c. Je l'installe à côté de moi devant le pc et m'execute. Les contacts ne se font pas attendre, et le chat clignote en permanence. Je fais un tri sévère et finalement nous en retenons deux qui ont l'air intéressants. L'un habite dans les environs, l'autre à St Etienne. Elle semble vouloir éliminer celui de St Etienne qui est trop loin dit-elle. Je lui indique que ça ne coute rien d'aller un peu plus loin et nous branchons la Web cam l'orientant de manière à ce que je n'apparaisse pas. Je ne suis que ses mains et rien d'autre. La conversation continue donc entre eux et il a l'air mimi avec son Tshirt rayé. De plus il s'exprime bien, ne fait pas quantité de fautes et a l'air gentil. Je lui note sur un post-il les pseudos avec numéro de téléphone, profession et ville de deux candidats possible pour elle. Elle n'a pas caché son handicap bien sûr. Elle l'indique clairement sur son annonce. En effet, comme elle me dit, "il est inutile d'avoir des contacts si je n'ai pas l'honnêteté de dire ce qu'il en est. L'homme qui acceptera de m'aimer devra accepter le fait de s'occuper de moi mais surtout d'en être capable. Il faut que je lui fasse confiance...".
Le lendemain, je quitte N sur la pointe des pieds, vers 6:45, après avoir fait les derniers gestes du matin, la laissant à ses songes jusqu'à 8:00 où une autre personne prendra ma relève.
De retour le jeudi soir, je m'empresse de lui demander des nouvelles et là, surprise, elle me dit qu'elle sort avec lui (l'homme de Saint Etienne) depuis la veille. Il est venu la voir et le courant est passé immédiatement entre eux. J'en suis restée bouche bée... Elle n'a pas tari d'éloges pour lui, elle ne lui trouve aucun défaut mais précise qu'elle garde la tête sur les épaules et qu'elle attend de voir comment il se comportera durant tout un WE, car il devra tout faire pour elle.
Moi aussi, j'attendais ce WE avec impatience ou plutôt la fin du WE afin qu'elle me raconte comment ça s'est passé. Le dimanche soir suivant, j'ai hâte qu'elle me raconte. Lorsque j'arrive chez elle, je trouve une femme rayonnante de bonheur. Il semble qu'il ait réussi l'épreuve du WE. Il a décidé de venir la voir en train tous les WE, a même pris une carte SNCF. Ils s'appellent tous les soirs et languissent le moment de se retrouver. Elle l'emmène partout, lui fait visiter la région bien qu'il soit au volant de sa voiture aménagée. Elle est heureuse et c'est beau à voir...
Cependant, je me demande comment un homme peut s'investir à vie avec une personne totalement handicapée... Elle peut faire quelques gestes simples comme téléphoner, se maquiller, se démaquiller, appuyer sur un bouton ou utiliser son clavier avec ses gants spéciaux en cuir qui se terminent au niveau du poignet par une petite pointe rigide.
C'est beau l'amour... pas vrai... et ce qui est encourageant c'est que les hommes biens existent, la preuve...

lundi 07 avril
Je vous écris ces quelques mots...
Cela aurait pu être le début d'une belle histoire. "Je vous écris ces quelques mots...".
Vous savez combien je suis romantique mais aussi très imaginative, toujours à la recherche de nouvelles sensations, de nouveaux plaisirs. Alors je vais vous raconter une petite histoire vraie.
Sur mon lieu de travail, comme tout bon fumeur qui se respecte, nous allons dehors auprès d'un gros cendrier en grès qui nous est réservé. Qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige, nous ne sommes pas autorisés à nous éloigner de plus de 5 mètre de cette huitième merveille du monde. Un abris ?? non, c'est bon pour les vélos ou les motos, mais les fumeurs peuvent bien rester sous la pluie, ils sont solides les gaillards...
Mais voilà, il arrive qu'au détour d'une cigarette on découvre un homme, fumeur aussi. On se regarde de loin (10 m max) mais on ne se connait pas. De plus, nous sommes généralement plusieurs et il est difficile d'entamer une discussion. Petite à petit, j'avais envie de le voir et j'essayais de noter les horaires de ces pauses cigarettes mais tout comme moi, c'était un peu l'anarchie et selon le travail qu'on pouvait ou non lacher en cours.
Après quelques mois, j'ai donc pris une grande décision. Passant régulièrement devant son bureau pour accéder à notre huitième merveille, j'ai mémorisé le nom écrit sur la porte. En remontant au bureau, je me suis précipitée sur l'intranet pour voir s'il s'agissait bien de la même personne. Dans le mille, c'est lui, c'est bien son nom. Le temps passe encore, quelques semaines et notre cher directeur de site décide de changer de place les merveilles et de les reléguer près de la chaufferie. Conséquence désastreuse pour moi : Je n'ai plus de raison de passer devant son bureau... Indignée, j'ai donc écrit au directeur de site... nannnnnn je rigole ... lol
Bien, alors que faire. En dehors de le croiser à la cantine , je ne le voyais plus. J'ai donc ouvert une adresse bidon et lui ai envoyé un mail le premier de ce mois. Pas de réponse le lendemain. Je réalise alors qu'il s'agissait du premier avril et qu'il avait pu considérer cela comme un poisson. Je renvoie le mail le deux lui expliquant qu'il ne s'agit nullement d'un poisson d'avril et que son écharpe rouge me plait beaucoup afin qu'il ne pense pas non plus qu'il s'agisse d'un spam.
Gagné, j'ai une réponse très intéressante... Cet homme est décidemment plein de qualités. Je lui explique les raisons de ce mail et lui pose la question qui tue... "êtes vous libre ? ". La réponse ne se fait pas attendre, il est effectivement célibataire mais... il a une amie avec qui il rompt régulièrement tous les 3 à 6 mois mais avec qui il se réconcilie m'indiquant le plus naturellement du monde "il doit donc bien y avoir quelque chose".
Voila, chassez le terre à terre il revient au galop... lol. Nos échanges continuent mais mon intégrité morale m'empêche d'aller plus loin. Je vais donc cesser de lui écrire et puis si un jour... ca pourrait être une belle histoire, qui sait ... ? ;o)
Dans tous les cas, je ne regrette pas d'avoir écrit... j'aurais eu des regrets de ne pas l'avoir fait d'autant qu'il quitte le site en mai pour rejoindre un autre site de la région.
Je vous tiens au courant des suites de cette belle histoire sans fin... ;o)
vendredi 21 mars
Nouvelles dans ma vie...
La prune. Edouard Manet. 1876-77.
National Gallery of Art of Washington.
Je vis et j'ai vécu deux expériences hors du commun.
La première a été ma rencontre avec 22 colistiers d'une équipe se présentant pour les municipales. Je suis arrivée avec beaucoup de retard, en janvier, alors que l'équipe a commencé à exister en septembre, pour les premiers. Je me suis sentie un peu mal à l'aise lors de la première réunion face à 21 visages inconnus ou presque. Le 22 ème étant mon frère, je le connaissais bien. Depuis ce jour là, les liens entre les personnes ont évolués vers des amitiés sincères. C'est la première fois que je fais la connaissance d'autant de personnes en même temps et dans la même ville. J'avais un peu l'habitude de vivre en autarcie, maison, boulot, dodo et je côtoyais peu de gens de mon proche voisinage.
Nous nous sommes donc "battus" ensemble durant ces deux mois de campagne. Nous n'étions pas toujours d'accord mais personne ne s'est jamais imposé et nous nous rallions assez rapidement à la majorité puisque c'était le seul moyen d'avancer vite. Nous n'avons pas gagné la Mairie de notre ville, les habitants en ont décidés autrement mais l'expérience que j'ai vécue et que je vis encore avec mes 22 colistiers vaut toutes les mairies du monde. Bien sûr, nous allons en perdre certains de vue probablement, mais ce sont ceux qui ne se sont pas totalement investis durant ces deux mois par manque de temps généralement. Je ne suis donc absolument pas déçue, ce serait plutôt le contraire. En effet, cette vision de la politique m'a un peu déçue, ces critiques et batailles sous-capes, ces ragots se diffusant à toute allure, ces sourires hypocrites des personnes de l'autre liste...je n'ai pas trop apprécié. Il ne reste plus qu'à construire autre chose avec ceux de l'équipe qui le souhaite. La chose est en cours et j'y participerai volontiers.
Ma seconde expérience est le contact avec Maya donc je m'occupe dix nuits par mois. C'est une femme, une vraie malgré son handicap sérieux. Elle est tétraplégique mais pleine de vie, de bonne humeur, de volonté. Elle est belle et a un sourire d'ange. Lorsqu'elle sort, elle attire les regards. Malgré son handicap, elle est très soucieuse de son apparence. J'avoue être admirative devant cette force de la nature. Elle m'a confiée avoir mis six ans à oublier sa vie de femme valide après son accident lorsqu'elle avait 18 ans. Ce travail qu'elle a du faire sur elle alors qu'elle était très jeune l'a rendue forte. Elle est très exigeante vis à vis des valides et ne comprends pas qu'ils ne fassent pas les choses parfaitement. Comme si le fait d'être valide, d'avoir ses bras et ses jambes devaient nous rendre parfaits à ses yeux. Elle n'accepte pas les erreurs que l'on peut faire et le fait remarquer clairement. Elle m'a dit avoir mis à la porte une jeune infirmière qui s'occupait d'elle parce qu'au bout de trois mois elle oubliait encore certains gestes qui, aux yeux de Maya, étaient très importants.
L'autre soir, elle m'a demandé de l'inscrire sur des sites de rencontres. J'étais ses doigts, elle était ma tête. Nous avons dialogué avec plusieurs messieurs et elle affichait clairement son handicap. Elle a même branché sa Webcam et a téléphoné à l'un d'eux. Il est vrai que pour elle, le téléphone est plus facile que le tchat. Nous avons passé une bonne soirée et j'espère qu'elle rencontrera l'homme valide qu'elle recherche. Elle a 44 ans mais reste exigeante, pas question d'un homme handicapé à ses côtés. Elle me dit en souriant qu'elle ne souhaite pas multiplier par deux les problèmes. Côté financier, elle n'est pas à plaindre et je pense que cela lui donne aussi cette force. Je sais ce que c'est lorsqu'on est un peu juste, on perd confiance en soi, on est moins fort, on se sent exclus de la société...de consommation. Mais je préfère ma place à la sienne et cela m'amène réflexion. Je n'ai pas à ressentir cela alors que j'ai la chance, moi, d'être valide... même si je me sens pauvre quelquefois. C'est très déroutant comme expérience.
Je lui ai demandé pourquoi elle n'avait jamais envisagé de créer une entreprise. Elle a la tête pour ça. Elle m'a répondu qu'elle avait déjà sa petite entreprise au travers des 8 personnes qu'elle doit gérer. Elle a raison, entre les plannings et les paperasses pour les salaires et pour l'Urssaf, c'est un énorme travail. Bien sûr, elle est aidée, mais c'est quand même elle la tête, nous ne sommes que ses jambes et ses bras.
Voilà, j'ai peu écrit depuis quelques temps parce que je n'en avais plus le temps et que mon esprit était trop pris par tout cela ne sachant comment le retranscrire. Il m'a fallut un peu de temps pour digérer ces changements dans ma vie de femme.
Je suis en vacances pour une semaine et c'est peut-être ce qui libère un peu mon esprit. Après mon retour d'opération, je n'avais pas pris plusieurs jours de congés de suite, cette semaine va me faire le plus grand bien même si je reste chez moi.
Quant à la peinture de Manet ci dessus, elle n'a pas grand chose à voir avec tout ça mais je trouve que la position de cette femme, assise, un peu lassive, apparemment en pleine réflexion sur on ne sait quoi, sa vie peut-être, me plait beaucoup.
lundi 10 mars
Scrutin :(
Je sors de la salle de vote où j'étais consignée de 14 heures à la fin du dépouillement. Notre score est très décevant. Il semble que la population de mon village préfère les beaux sourires et les belles promesses à la franchise d'un discourt sans détours. Pour être élu, il suffit de dire aux gens ce qu'ils ont envie d'entendre, pour la majorité d'entre eux.
Pour le reste, nous avons reçu de nombreux messages de soutien ce qui nous encourage à continuer pour le second tour.
A bientôt pour la suite... Nous ne baisserons pas les bras.
Sur ce, je vais enfin retrouver mon lit que j'ai quitté depuis samedi matin...
dimanche 09 mars
Il est 7h, la ville dort...
Je rentre chez moi après avoir passé la nuit chez Maya, la femme de 44 ans, handicapée dont je m'occupe. J'appellerai ainsi ma "patronne" de la nuit, du nom de sa petite chienne. Une couette de brume recouvre encore le lit de l'Isère, remontant sur les côteaux de Belledonne et de la Chartreuse. Je croise quelques phares timides, la vallée dort encore.
Maya est une femme volontaire et exigeante. Son couché comme son levé sont rythmés par un rituel qui doit être proche de la perfection. Mon soucis...ne rien oublier dans mes gestes.
Lorsque j'arrive le soir vers 20h, elle m'attend. Après les politesses d'usage, le petit calin à sa chienne qui m'accueille joyeusement, j'accroche mon manteau dans la penderie du couloir. Je vais jusqu'à ma chambre déposer mes affaires, je mets mes pantoufles. Je vais jusqu'au salon éteindre la lumière, récupérer un bol sur le bureau du PC et le déposer dans l'évier. J'amène Maya jusqu'à la table de la cuisine et lui demande ce qu'elle veut manger pendant que je me lave les mains. Elle choisit généralement une soupe accompagnée de viande, steack que je fais griller, jambon ou autre.
Je fais chauffer la soupe au micro onde, glisse une paille dans l'assiette ou le récipient afin qu'elle puisse manger seule. Pendant ce temps, je prépare la viande. Nous échangeons quelques mots, je lui raconte ma journée, elle, la sienne. Le repas terminé, je pose un plateau sur ses genoux, l'amène au salon, allume le petit chauffage soufflant qui est près d'elle. Je place sur le plateau la télécommande du DVD, de la télé, le téléphone fixe, le mobile, un mouchoir en papier ainsi que le manche d'un petit pinceau débarrassé de tout ses poils dont elle se sert pour se gratter le visage ou la tête en le coinçant dans l'une de ses poignées de cuir. Lorsqu'elle est maquillée, je rajoute un coton-tige qui lui sert à se gratter les yeux.
Je retourne à la cuisine pour lui préparer deux fruits, généralement une pomme et une mandarine que je pèle et coupe en quelques morceaux que je dépose dans une assiette sur son plateau. Pendant qu'elle mange seule, je prépare son lit, rempli un verre de soda en plastic dans lequel je glisse une paille et le pose sur une étagère au dessus du radiateur de la chambre. Elle ne boit que l'eau légèrement tiède. Je change l'eau de la petite chienne et lui donne une friandise.
Je reviens dans le salon, débarrasse son assiette et range la cuisine. Je lui lis le programme de la télé. Elle choisit et je m'installe à côté d'elle sur un tabouret. Elle n'a pas de chaise et le canapé est trop loin d'elle et de la télé. Nous restons ensemble jusqu'à 22:30. Nous papotons de choses et d'autres, de nos histoires amoureuses ou nous regardons la télé. Je profite de ce moment pour aller faire mon lit avec les draps que je laisse en permanence chez elle. Il nous arrive aussi de regarder ses mails ou de surfer sur internet. L'autre soir, elle voulait voir la tête des filles de meetic et nous nous sommes inscrites en tant qu'homme. C'était rigolo d'aller voir les photos et les commentaires des femmes de notre âge. Nous nous comparions à certaines qui étaient très belles en se disant, un sourire en coin, que nous n'avions aucune chance d'être choisies.
La soirée terminée, je repose toutes les télécommandes à leur place, amène son fauteuil dans le couloir, face à la porte de la salle de bain, éteint la télé, le PC et les lumières du salon. J'enlève le plateau de ses genoux, ramène ses pieds vers l'arrière sur la mousse découpée dans laquelle ils sont coinçés. Je la dirige alors face au lavabo de la salle de bains. Je mets de l'eau dans le réservoir du jet dont elle se sert pour se laver les dents, coince l'appareil dans son gants de cuir afin qu'elle le fasse seule. Une fois cela terminé, je range l'appareil, lui enlève ses gants et lui lave les mains au savon après m'être lavé les miennes. Je relève sa frange que j’attache avec une pince. Je verse alors du démaquillant sur un coton que je pose sur sa main. Je pose trois mouchoirs en papier sur son poigné et passe son visage au brumisateur. Elle s'essuie, je jette les mouchoirs et pose à la place une petite noisette de crème contour des yeux puis une crème pour le visage. Après cela, je détache sa frange et brosse ses cheveux en prenant soin d’enlever tout cheveu qui dépasserait. Elle a horreur d’avoir des cheveux sur ses vêtements.
Le moment le plus difficile pour moi arrive. Je dois utiliser le lève-malade. Pour cela, après avoir ôté son vêtement, je dois passer autour d’elle une sangle en maillage qui lui prend tout le dos et passe au dessous des deux jambes. J’approche ensuite l’appareil et accroche les sangles. Je relève le tout grâce à une télécommande. Une fois qu’elle est hors de son fauteuil, je fais pivoter l’appareil sur ses roulettes pour l’amener jusqu’au dessus du lit. Je place ses deux jambes sur le lit et la dépose alors doucement, un peu sur la droite du lit, ce qui m’oblige à la pousser en même temps que je fais descendre l’appareil. Une fois allongée, je décroche les sangles, tire le tout et range le lève-malade bien à sa place. Je vérifie que les jambes, le bassin et les épaules sont bien droites. Je la débarrasse de tous ses vêtements que je mets au sol. Je vais chercher le bassin que je pose près du lit. Je remonte alors son pied droit au niveau de son genou et je la fais basculer sur le côté. Je place le bassin et la ramène au dessus en veillant toujours à ce que ses hanches soient droites. Je place alors un petit appareil électrique sous son sein droit, au niveau d’une petite cicatrice. Je branche et cela décontracte les sphincters afin de lui permettre d’uriner. Si tout fonctionne bien, je fais une marque autour de l’appareil à l’aide d’un stylo afin que l’infirmier de nuit puisse l’utiliser facilement dans la pénombre de la chambre. L’opération terminée, je lui masse le ventre afin de le vider des gaz qui pourraient être douloureux dans la nuit. Durant l’opération, nous discutons de choses et d’autres. Depuis 25 ans qu’elle fait cela, elle semble ne plus y accorder la moindre importance si ce n’est l’ordre dans lequel il faut faire les choses. Puis, je tamponne son cou et ses épaules avec une serviette car cela provoque chez elle une transpiration importante. Je lui enfile sa polaire, la recouvre de son drap et remonte ses cheveux sur l’oreiller qu’elle me demande de repositionner sous sa tête.
Je débarrasse la chambre du linge et du bassin et vais enfourner dans le micro onde, une bouillotte. Je passe dans ma chambre chercher sa couette que je pose sur elle, en prenant soin de bien remonter le tout jusqu’au menton. Je pose auprès d’elle le verre à soda avec la paille et elle boit 23 gorgées, pas une de plus, pas une de moins. C’est ce qui lui permettra de tenir jusqu’à 4 heures du matin, heure du passage de l’infirmier de nuit qui renouvellera les opérations.
Je récupère la bouillote et la pose sur son visage, c’est son « doudou » depuis des années. Je remonte alors la couette jusqu’à ses yeux, éteints la lumière en lui souhaitant bonne nuit. Ma soirée est terminée. Je sors sur la terrasse fumer une cigarette dans la quiétude de la nuit. Je repense à tous ces gestes planifiés, minutés. Ai-je tout fait comme il fallait ? Moi qui ne planifie jamais rien, moi qui n’aime pas les contraintes, moi qui agit à l’instant, sans calcul, me voilà obligée de lister dans ma tête et surtout de retenir chacun des gestes que je dois faire pour elle jusqu’à l’allumage de telle ou telle lumière…
Lorsque je rentre à nouveau dans l’appartement, je prends un livre au passage et vais me coucher. Je sais que vers 4 heures, je vais entendre l’infirmier qui va venir s’occuper d’elle et la positionner sur le côté et vers 6h30, elle va m’appeler pour que je la remette sur le dos, que je lui redonne à boire et que je la laisse finir sa nuit en lui souhaitant une bonne journée jusqu’à ma prochaine visite.
Je me prépare sans bruit et quitte la maison dans la fraicheur matinale en ayant pris soin de défaire mon lit et ranger draps, couette et oreiller dans le placard.
Je suis satisfaite ou non. En fait, j'angoisse de ne pas me rappeler de tous les gestes à faire, de l'avoir mal sanglée, de n'avoir pas remis suffisamment droit ses hanches ou ses épaules... C'est une expérience enrichissante et en même temps une responsabilité. Je dois agir comme avec mes bébés mais avec en plus le jugement qu'elle peut porter sur mes gestes, ce qui n'est pas toujours facile pour moi. Elle me fait remarquer que j'ai oublié ceci ou cela. Elle a d'ailleurs récemment renvoyée une infirmière qui, au bout de trois mois, oubliait encore certains gestes importants pour Maya.
Ce matin, je dois me rendre au bureau de vote afin de surveiller et d'être présente à la demande de notre tête de liste. Je suis convoquée également par la mairie de 14h à 18h pour les municipales d'abord puis les cantonales ensuite. Voilà une journée bien chargées qui s'annonce. J'espère que la soirée nous apportera de bonnes nouvelles quant au score de notre liste.
Sur ce... je vais vite me préparer.
dimanche 02 mars
Première nuit avec N.
N. est une jeune femme de 44 ans, tétraplégique suite à un accident de voiture à l'age de 18 ans. Elle vit seule, dans un appartement à Grenoble depuis 15 ans. Elle est aidée par des personnes qui viennent régulièrement et à tour de rôle s'occuper d'elle et lui faire les soins nécessaires.
A la demande de ma blondinette, qui s'occupe d'elle 10 nuits par mois, j'ai accepté de prendre également 10 nuits, suite au départ d'une des personnes. Je n'ai pas réfléchi longtemps avant de prendre ma décision car il y a deux objectifs importants à cela. Le premier est un objectif personnel, de besoin de découverte de l'autre, de nouvelles expériences enrichissantes, de dépassement de soi vers un autre monde, celui du handicap que je connais très mal. Le second, plus terre à terre, est un objectif pécunier. Ce travail va m'aider à boucler plus facilement mes fins de mois et à faire face à des dépenses imprévues, ce qui m'est pratiquement impossible en l'état actuel des choses. Donc, ce tout sera pour moi, je le pense, un tournant important dans ma vie.
Hier, j'ai donc pris mon tour à 20h, heure précise du repas de N. Nous avions déjà fait connaissance jeudi soir pour une présentation des différentes choses à faire. Blondinette était là et m'expliquait tout. C'est rigolo de se faire expliquer les différentes tâches par sa fille. Elle était largement à la hauteur et j'étais fière de la voir oeuvrer et se débrouiller comme une reine. Ce n'est pas facile pour une fille de son age. Elle n'a que 22 ans et certaines actions ne sont quand même pas évidentes.
Il faut que je vous parle de N. C'est une femme souriante, avec beaucoup de charme et de caractère. Nous avons longuement discuté hier soir après le souper. Nous étions installées devant la télé mais n'en avont pas regardé une miette. Elle m'expliquait un peu sa vie, ses déboires. Elle a mis 6 ans à faire le deuil de sa vie de femme valide, après l'accident. Elle s'est retrouvée invalide et son amoureux l'a quittée. Tous ses amis se sont éloignés. Comme elle me le disait, à 18 ans, les jeunes ne s'encombrent pas d'amis invalides et s'éloignent peu à peu. Elle a mis du temps à comprendre qu'elle n'avait pas le choix, c'était soit en finir avec la vie, soit continuer avec ce qu'il lui restait. Elle a choisi de vivre et semble avoir accepté son handicap. Elle a alors choisi de voyager avec des accompagnateurs permanents. Son gros soucis à cette époque était l'incontinence. Depuis les chercheurs ont fait une trouvaille. Un petit appareil placé sous la peau bloque les muscles du bas qui se débloquent lorsqu'un autre appareil lui est connecté. Cela lui permet une pseudo liberté et surtout une tranquilité d'esprit.
J'ai donc participé hier soir à son couché. Il faut environ une heure avant d'avoir fait toutes les manipulations du démaquillage, lavage de dents, "toilettes", au couché. J'ai une petite chambrette à côté où je dors. Vers 4 heure, un infirmier passe pour la touner sur le côté et la faire uriner. Elle me réveille ensuite vers 6:30 pour la remettre sur le dos car sa hanche devient douloureuse. Je replace la couverture, lui redonne à boire et je la laisse jusqu'à 8:00 où une aide-soignante prend le relais.
Nous avons décidé qu'elle ferait l'acquisition d'un logiciel pour écrire sur internet. Peut-être que je lui ferai créer un blog où elle pourra s'exprimer. Je recherche le meilleur logiciel afin qu'elle puisse le faire à l'aide d'un micro. Elle ne peut pas utiliser ses doigts sur le clavier et se sert actuellement d'une poignée de cuir avec une petite pointe qui lui permet d'appuyer sur les touches mais elle trouve cela beaucoup trop lent et se lasse très vite lorsqu'elle est en chat.
Je suis donc de retour chez moi avec l'impression d'avoir ouvert une nouvelle porte à ma vie. Je suis heureuse. Il semble que l'année 2008 soit pour moi un tounant important, entre l'équipe municipale à laquelle je participe activement, en espérant que nous seront élus, et cette précieuse rencontre avec N.
mardi 12 février
TAGUEE MOI !!!! arghhh
Et bien merci Nada et heureuse de te revoir dans la blogoville. Tu m'as taguée alors je vais essayer de répondre.
"La consigne c’est : Citer le blog qui vous a lancé dans le jeu (ben là c'est fait ;o), redonner le règlement (il suit), mentionner six choses sans importance sur soi puis trouver six autres personnes auxquelles passer le jeu et les en prévenir.
1 - Le matériel, je ne suis pas matérialiste pour deux ronds
2 - Moi, comme Nada, ce que je ressens me semble toujours beaucoup moins important que ce que je peux faire ressentir aux autres.
3 - Les petites conneries de la vie de tous les jours qui prennent pour certains des proportions très ennuyeuses. En effet, je me fous que le bus de 7:30 soit passé à 7:29 et que de ce fait ma collègue a du prendre celui qui arrivait 10 minutes plus tard... je m'en fout royalement mais je suis polie et j'approuve sa haine contre le chauffeur... je vais pas en plus en rajouter ... rire
4 - Qu'un ami ne réponde pas à mon mail ne m'empêchera pas de lui en réécrire un autre et puis un autre, jusqu'à ce que j'ai la réponse... en fait ce qui n'a pas d'importance pour moi c'est le calcul... je fais ce que j'ai envie lorsque j'en ai envie et peu m'importe les cancans qui me dise, on t'a pas répondu, tu devrais attendre la réponse avant de réécrire.
5 - Qu'on modifie mon emploi du temps m'est complètement égal et je parviens toujours à le réorganiser. J'adore les imprévus...
6 - La vie des people m'indiffère totalement. Je n'en ai rien à faire que S*rko (ba vi c'est un people plus qu'un président aujourd'hui) se marie avec un top model qui chante et qu'il ait adressé un sms à son ex juste avant... Cela ne m'apporte rien et en plus j'ai même pas envie de le savoir... Mais les journalistes sont là pour nous rappeler à l'ordre. Il nous faut ingurgiter tout cela sans mots dire... même les radios nationales "sérieuses" s'y mettent pour faire de l'audience...et occulter ainsi les infos importantes comme la fiche de suivi des enfants dès leur maternelle, fiche qui les suivra durant toutes leurs études... CA C'EST GRAVISSIME...mais on en parle pas...
Je suis pour le volontariat.. QUI VEUT ETRE TAGGé par Christine ? Allez, levez le doigt... et promis, je passe chez vous ;o)
jeudi 07 février
Faire confiance...
Faire confiance... cette petite phrase paraît toute simple et pourtant... Qu'est-ce qui peut faire que je donne ma confiance ou pas ? Je ne sais pas. De par ma nature, j'ai une trop forte tendance à faire confiance d'emblée. Je dis cela et en même temps j'ai toujours un doute sur ce qu'on me dit. Mais comment savoir ? En se ramassant la gueule par terre ? Et après ? Vit-on mieux sans faire confiance à personne ? Je ne suis pas sûre. J'ai envie de penser que la majorité des gens sont honnête même s'il m'est arrivé de me ramasser comme je le dis plus haut. Alors je vais continuer à faire confiance tout en gardant un petit retrait par rapport à cela, un petit truc qui fera que si ma confiance était mal placée, la déception sera moins forte...
Cependant, et malgré cela, la déception d'avoir été trahie reste bien présente et ça fait mal.
samedi 02 février
Minnie nous a quittés...
Ma petite chienne Shitzu nous a quitté aujourd'hui malgré la visite de ce matin chez le vétérinaire, en urgence. Elle est partie sans un bruit, sans que je ne m'aperçoive de rien alors que j'étais dans une pièce à côté. Elle ne me fera plus de fêtes lorsque je rentrerai du travail, elle ne se couchera plus à mes pieds lorsque je serai assise devant mon pc, elle ne réclamera plus à manger lorsque je serai dans la cuisine, elle ne grattera plus la porte pour sortir.
Elle n'était pas très bien cette semaine et je lui donnais chaque soir ses cachets dans un bon steack haché qu'elle engloutissait en quelques secondes. Hier elle n'a rien voulu manger sauf des friandises que j'avais spécialement achetées pour elle. Mais ce matin elle les a refusées.
Je crois que je ne réalise pas encore que 12 ans de ma vie avec elle se terminent aujourd'hui...
jeudi 31 janvier
A lire avec modération.
Écoutez-don’ ce conte bien d’cheu nous !
Reçu d’un ami qui me-nous veut du vin -euh du bien !…
C'était il y a quelque temps, au bal de la Nuits Saint Georges que j'ai rencontré la petite Juliénas, une fille drôlement Gigondas, un sacré beau Meursault, bien charpentée, et sous sa robe vermillon, un grand cru classé, avec des arômes de cassis et de fraise des bois.
On a dansé Anjou contre Anjou sur un Sylvaner à la mode et plus tard lorsque je lui ai proposé de l'emmener dans mon Châteauneuf-du-Pape, elle est devenue toute Croze-Hermitage !!!
Le temps d'aller chercher un Chablis au vestiaire, de mettre un petit Corton dans ses cheveux, on est montés dans ma Banyuls et on a roulé jusqu'au matin.
Ah, quelle belle journée !
On s'est baladé Entre-deux-mers, il faisait beau, on a Vacqueyras sur la plage, les pieds dans l'eau Clairette, on s'est Pouilly-Fuissé dans les dunes et puis comme le Mercurey montait sérieusement et qu'on commençait à avoir les Côtes Rôties on a décidé de rentrer.
Mais voilà, en partant nous nous sommes retrouvés coincés dans les embouteillages, enfin les bouchons, quoi !
Je commençais à Minervois sérieusement et là, Juliénas et moi, nous avons commencé à nous crêper le Chinon.
D'un seul coup elle a claqué la Corbière de la Banyuls et elle est partie !
Je me suis retrouvé comme Macon.
"Quoi, me suis-je dit, elle s'est déjà Sauvignon avant même que j'ai le temps de la Sauternes !"
Mais je vous Jurançon, je l'avais dans la Pauillac, en effet, j'étais tellement Tokay que j'ai couru après elle dans Lalande et les Chardonnay pour la rattraper.
Quand on s'est retrouvés, et que je l'ai vue devant moi en Gros-plant, je lui ai dit : "Ne fais pas ta Pomerol, ne t’en va plus Gamay !"
En pleurant, elle est tombée dans mes bras en Madiran : "Ne m'en veux pas, je voulais juste être sure que ton Saint-Amour était vraiment Sancerre".
Depuis, on ne s'est plus cuités !
J'ai adoré le coup du claquage de Corbière de la Banyuls ;o)
samedi 19 janvier
En haut de la vague...
J'écris peu depuis quelques temps et j'avoue que cela me fait du bien. Non pas parce que je n'ai rien à dire mais parce que je suis occupée ailleurs.
Comme je l'ai dit précédemment, je me suis inscrite dans une liste, pour les prochaines élections municipales de ma commune. Un coup de tête, comme ça, parce qu'on me l'a proposé et qu'après 3 minutes de réflexion, j'ai accepté. Je ne le regrette pas. Je me sens revivre, je me sens soudainement utile. Ma vie prend un nouveau sens. J'ai fait la connaissance d'énormément de personnes de ma ville en très peu de temps.
C'est vivifiant, je n'ai plus le temps de penser, de me morfondre sur mon sort. Ma solitude affective devient un atout. Je n'ai aucune contrainte vis à vis de l'autre et cette liberté est un cadeau en période de campagne électorale.
Mes compétences en bureautique, informatique et communication, ont fait que je me suis retrouvée parachutée d'office, par notre tête de liste, dans l'équipe communication créée pour l'occasion mais aussi prévue en tant que nouvelle commission si nous sommes élus. Je dois réaliser avec deux autres personnes, tous les documents, créer et mettre à jour un site dédié, réfléchir à l'affiche. Il a fallut mettre en place une charte qui n'existait pas avant que j'arrive. Tout cela est passionnant, entre mon travail que j'adore et cette campagne, je ne touche plus terre et j'adore ça. Etre en haut de la vague est la meilleure chose qui pouvait m'arriver et j'espère que cela continuera.
Cependant, je ne veux pas lacher ce blog pour autant. Vous êtes importants à mes yeux et je compte bien vous garder même si je n'ai plus le temps de vous lire et je le regrette.
Ma vie sentimentale se résume à deux relations que j'ai tenue à garder précieusement. W que je vois de temps en temps et D, avec qui j'avais passé un WE et dont j'ai réussi à conserver une amitié/amoureuse qui peu à peu se renforce. J'y ai beaucoup travaillé (il ne comprenait pas au début ce que j'attendais de lui) car lorsque je tiens sincèrement à une personne, je fais tout pour conserver une relation. Je ne sais pas si j'ai tord ou raison, mais en tout cas ça marche et ces deux relations me sont précieuses.
Si nous sommes élus... ce que j'espère sincèrement car notre tête de liste est un battant qui fera bouger les choses dans le bon sens, j'aurais passé un tournant dans ma vie de femme et une nouvelle vie s'ouvira à moi... ;o)
Moi qui n'aime pas la politique... c'est fou non ??
dimanche 06 janvier
Un peu d'humour... j'adore
samedi 05 janvier
TOUS MES VOEUX...
Je n'ai plus beaucoup de temps pour écrire ici car je me suis inscrite sur une liste pour les prochaines élections municipales et nous avons beaucoup de travail en ce moment d'autant que je fais partie de l'équipe communication.
C'est ma dernière trouvaille pour finalement m'investir ailleurs et éviter de trop penser à ma vie personnelle. C'est une bonne idée non ? ;)
JE VOUS SOUHAITE A TOUS UNE EXCELLENTE ANNEE 2008, même si cela parait ringuard à force, comme chaque année, je suis sincère... je sais, cela ne changera probablement pas les choses pour vous comme pour moi mais on peut y croire ;o)
dimanche 30 décembre
Questions...
Pourquoi est-ce que je recherche toujours le bon là où il n'existe pas ?
Pourquoi le renoncement est si difficile pour moi ?
samedi 22 décembre
Quelques lumières...et...un petit cadeau ;o)
Ne loupez pas mon cadeau pour vous ==>Cliquez ici
A part ça, j'ai trouvé quelques ampoules dans mon placard et je me suis dis, pourquoi pas essayer de faire un truc sympa... voila le résultat...
Mais non... je rigole ;o)
musique de Joslin, Performing Wizards Of Winter By Trans Siberian Orchestra
J'aime les musiques qui bougent ;o)
JOYEUSES FETES A TOUTES ET TOUS... avec un énorme bisou ;o)
En voici une autre... Quel courage et quelle volonté et combien de kilo d'ampoules pour arriver à ce résultat. J'en reste baba... pas vous ?
Cependant ma préférence va à la première...peut-être le regard ? ;o)
samedi 15 décembre
Ne pas céder au manque...
Il est vrai que la solitude affective n'est pas pour moi. J'ai besoin d'amour, de tendresse, de gestes simples de la vie à deux, de caresses, de mots tendres, de toucher, d'embrasser... Les ami(e)s que l'on peut avoir ne remplacent pas cela. Par ailleurs, je m'aperçois que ne ne suis pas prête à donner cela à n'importe qui, je suis difficile. Ce n'est pas le manque qui me fera aller vers ce que je ne souhaite pas simplement pour l'assouvir. C'est comme d'avoir faim mais de se retrouver devant un gigot d'agneau (je n'aime pas l'agneau) et de ne pas avoir envie d'y toucher. Peut-être n'ai-je pas vraiment faim, simplement l'envie de me faire plaisir avec de petits plats choisis.
Plusieurs hommes seraient prêts à assouvir mon manque mais je n'en veux pas. Je n'aurais qu'un coup de fil à donner pour voir débouler un ami qui m'est cher mais avec lequel je n'ai pas envie d'aller plus loin.
L'affectif oui, mais pas n'importe comment et avec n'importe qui. C'est peut-être la raison pour laquelle je suis seule aujourd'hui mais je reste persuadée d'après mes expériences passées que je suis sur la bonne voie.
vendredi 30 novembre
Solitude affective
C'est quand même bizarre que la solitude affective dans laquelle je me trouve empêche tout épanouissement de ma part. Je me rappelle la femme que j'étais en étant mariée ou "acompagnée". J'étais rieuse, artiste de mes mains, j'adorais entreprendre, faire des choses et entrainer un peu l'autre avec moi. J'avais du plaisir à faire la cuisine, à ranger ma maison, à innover, à sortir, voir des amis. Même mon travail au bureau était une joie où je m'impliquais totalement.
Aujourd'hui je me traine comme si tout était pour moi une perte de temps. Mais une perte de temps pour quoi ? A quoi pourrais-je mieux utiliser ce temps ? Je ne comprends pas, je ne me comprends pas. Lorsque je suis ailleurs, je n'ai qu'une envie c'est de rentrer chez moi, dans mon univers pourtant ennuyeux. Je ne me retrouve plus dans les yeux des autres, je me sens un peu perdue... mais ...que faire ?
immobilisme
Je viens de lire chez Pierre, une entrée qui m'interpelle profondément où il parle de son immobilisme. J'ai l'impression que j'en suis là aujourd'hui. Je n'avance plus, je ne progresse plus, je suis en arrêt avec l'impression d'attendre sans savoir ce que j'attends. La route est trop droite, ça va trop vite et j'apprécierais de rencontrer un virage...pour frêner, ralentir. Mais rien, ça file à tout allure, les jours, les mois, sans qu'il ne se passe rien d'intéressant dans ma vie ou sans que je le veuille vraiment comme si l'envie n'était plus là d'aller de l'avant, de m'investir, de m'engager. Même au bureau j'ai l'impression d'être au ralenti comme si je n'avais pas envie que les choses avancent, comme si je n'avais pas envie de l'après.
Je pensais qu'après ces six semaines d'arrêt, ma vie prendrait un nouveau départ. En fait, j'avais un objectif, l'opération. Puis un autre, ma convalescence. Maintenant que la vie a repris son cours normal, je me retrouve immobile à nouveau.
Il faut dire aussi que durant cette période de convalescence, j'avais gardé le contact avec un homme que j'avais rencontré. Nous avions une grande complicité mais uniquement par mail, tel ou msn. Nous avions quand même prévu de nous rencontrer à nouveau lorsque je serais guérie. Il vit à plus de 100 km, ce qui ne rend pas facile les rencontres. Et puis, sans raison apparente, il est devenu froid et distant. Ca m'a fait du mal, je n'ai pas vraiment compris ou pas voulu comprendre. Je me suis sentie vide et seule, profondément attristée. Je ne sais pas trop ce que j'attendais de cette relation mais elle me faisait du bien. Les petits sms le matin au réveil, les mails, les messages sur mon répondeur, les appels, tout cela a meublé ma période de convalescence et le vide a été est difficile à combler. J'imagine qu'il a du faire une rencontre plus proche de chez lui et a souhaité couper les ponts. Finalement, il a raison, à quoi bon ?
J'ai du mal à comprendre, j'ai du mal à me séparer des personnes que j'apprécie, à les voir s'éloigner. Je n'ai pas d'objectif précis lorsque j'entretiens une relation. Cela peut-être de l'amitié, de la tendresse, de l'amour, je ne le sais pas vraiment moi-même, mais dans tous les cas, les cassures font mal.
Aujourd'hui j'essaie de passer à autre chose et je me réhabitue petit à petit à ma solitude. Heureusement, le travail me prend beaucoup de mes journées et je vais également essayer de m'impliquer un peu plus à la mairie de ma ville. Cela me fera rencontrer d'autres personnes et réfléchir sur des sujets intéressants. Cela ne m'empêche pas d'avoir l'impression d'être immobile parce que je n'éprouve plus l'envie de faire, de construire. C'est comme si je batissais des mûrs et qu'ils s'écroulent à chaque fois. Il va falloir que j'apprenne à construire seule. Au moins personne ne viendra tout foutre en l'air mais je n'ai pas encore appris... Ne suis-je donc pas encore adulte ???
Je pense que je vais devoir me faire aider car cette situation dure depuis trop longtemps. J'aimerai pouvoir écrire des choses plus gaies, ici, mais en ce moment, il faudrait que je me force et je n'en ai pas le courage.
Demain sera un autre jour, je suis en congés et peut-être qu'une bonne nuit de sommeil sera réparatrice, mais j'en doute. La perspective d'un WE en solitaire ne m'enchante pas vraiment tout comme la perspective d'une nouvelle rencontre qui risque de me déranger encore plus.
En fait, je ne sais plus ce que je souhaite faire. J'apprécierai qu'on m'aime pour ce que je suis mais souvent, je suis déçue car la sensibilité des hommes n'est pas placée au même endroit.
Tiens, un petit exemple d'un contact que j'avais eu sur "mitic". Après un dialogue très sympathique et assez intéressant, un homme me fait savoir qu'il aimerait que l'on se rencontre. Durant les dialogues qui ont suivi, il me disait qu'il avait trouvé la femme qu'il cherchait... tsssssss je suis pas dupe... Donc je commence à me méfier sérieusement. Il m'appelle son ange, sa douce et moi je reste toujours un peu en retrait en espérant qu'il se dévoile un peu plus. Il me propose alors une rencontre ... chez moi. Je lui dit que ce n'est pas possible car ma fille vit avec moi et elle verrait, je pense, d'un mauvais oeil cette première rencontre à notre domicile. Il me répond "tu n'es donc pas libre de tes mouvements, bye bye". Je n'étais pas déçue de perdre cette relation mais plutôt de ce comportement idiot. La bétise me révolte...même s'il m'arrive de l'être aussi quelquefois mais ce n'est jamais dans l'irrespect de l'autre.
Alors, envie de faire d'autres rencontres ?? Non, surement pas dans ces conditions... Ras la casquette, je préfère encore rester seule et me noyer dans mon immobilisme.
Une chanson dit "Ou sont les femmes ?" et moi je dis "Ou sont les hommes ?" ceux qui apprécient et respectent les femmes pour ce qu'elles sont et non pour la bonne fell... à laquelle ils rêvent. Je sais, je ne suis pas au bon endroit...et les hommes sont ailleurs mais ai-je réellement envie d'une relation suivie ? Je ne sais plus. J'ai peut-être simplement envie de ressentir de l'affection, de l'amitié de la part d'un homme sans qu'il ne soit utile de dérouler le tapis rouge... ou d'envisager autre chose.
En fait... je me sens un peu seule...mais je ne fais rien de ce qu'il faudrait pour ne plus l'être.


