Il y a déjà quelques années, un nouveau mot entendu au hasard d'une onde radio m'a interpellée. Ce mot est procrastination. D'abord parce qu'il est d'une laideur repoussante lorsqu'on l'entend prononcé et puis parce que j'ai eu l'impression de lui ressembler. La définition qui en était donnée me rappelait quelqu'un.

"La procrastination est la tendance pathologique à remettre systématiquement au lendemain quelques actions (qu’elles soient limitées à un domaine précis de la vie quotidienne ou non). Le « retardataire chronique », appelé procrastinateur, n’arrive pas à se « mettre au travail », surtout lorsque cela ne lui procure pas de satisfaction immédiate."

Tendance pathologique ??malade donc ? Pourtant je n'avais pas l'impression d'être malade, simplement "retardataire chronique" et "remise au lendemain" assez souvent...perfectionniste aussi.

Et voilà que je suis malade ce qui signifie que je pourrais me faire soigner. Moi qui prenait ça pour de la fainéantise ! ouf ! je suis rassurée. Je peux donc continuer à être malade si je le souhaite puisque je ne suis pas responsable au final de cet état de fait. Pourtant lorsque je suis à mon bureau et que je travaille pour l'entreprise qui me paie, je ne suis plus "procrastinateuse" sauf pour l'heure d'arrivée ;). Je ne remets jamais au lendemain, je fonce, je déblais, je bosse et je me fais réellement plaisir. En fait, travailler ou plutôt exercer ma profession me plaît et j'en tire beaucoup de satisfaction immédiate ou à plus long terme.

Le fait de pouvoir mettre des mots sur une pathologie, est-ce pour autant rassurant ?

On ne voit plus un vieil homme qui tremble, on voit un homme qui a la maladie de parkinson. On ne voit plus un vieillard sénile, on voit un homme qui a la maladie d'Alzheimer. Est-ce rassurant pour autant étant donné qu'on ne sait pas guérir ces maladies ? Du coup, on sait que ça ne guérira jamais quand le mot tombe.

Est-ce que la procrastination se guérie ? Oui, je pense, elle guérira lorsque j'en aurais décidé. Lorsque j'aurais envie de rentrer dans le moule de la bonne mère de famille au service de ses enfants même adultes ou de la bonne fifille à sa mémère, d'une douceur extrème, lui passant tous ses caprices... Un jour peut-être... Cela m'aiderait surement à ne plus culpabiliser de ne pas être la femme qui a subit cette éducation judéochrétienne, cette femme parfaite que j'aurais pu être, que l'on voulait que je sois, que ma mère a été, mais que je n'ai pas envie d'être.

Alors je fais tout pour ne pas l'être parce que personne ne décide pour moi, surement pas ce que je dois être... ;)  Et pourtant, la culpabilité est là... Allez comprendre ...