marreUne marre, une eau stagnante, voilà ce que j'ai l'impression d'être aujourd'hui. Je n'avance pas, je n'ai pas de direction à prendre alors je reste en plan comme cette eau qui ne sait pas où aller sauf à s'évaporer. Alors je m'évapore, comme elle, dans la lecture, dans l'écriture, dans mon travail, dans mes relations avec mes filles qui s'éloignent doucement mais sûrement.
Si je continue à stagner comme cela, j'ai l'impression que je vais être très bientôt recouverte de nénuphars et que même l'évaporation ne sera plus possible...
Quand je lis la vie de mon grand-père qui changeait de région tous les 5 ou 10 ans, je me dis qu'à côté de moi, lui était un océan, toujours en mouvement, calme ou déchaîné. Je ne lui ressemble pas.
Je vis dans la même maison depuis vingt ans et même si j'ai changé quelques meubles, si j'ai refait les tapisseries, les sols j'ai quelquefois l'impression que cette maison me sort par les yeux. J'ai des envie d'ailleurs, des envies de vivre autre chose dans une autre maison et pourtant lorsque je la quitte pour quelques jours, je suis très  heureuse de la retrouver. Comme un cheval, je suis heureuse de sortir de l'écurie mais une fois sur le chemin de retour, j'accélère le pas pour y revenir plus vite.
Alors que faire pour que ma vie soit plus riche, plus trépidante, plus intéressante ? Je ne sais plus ou je ne sais pas faire... Il faut que je réfléchisse sérieusement à la question, je ne peux rester ainsi pendant des années, il faudra bien que ça bouge, vers quoi, je ne sais pas encore mais l'habitude est la pire de mes ennemies et je ne la supporte plus. J'ai besoin de nouveauté, de découvertes, de rencontres qui m'enrichissent et pourtant je reste là, cloîtrée, évitant de voir du monde. Pourquoi ne se donne t'on pas toujours les moyens de parvenir à ce que l'on souhaite très fort ? J'apprécierais d'être sociable mais je ne le suis pas vraiment. Si je fais un effort pour l'être et que par ailleurs cela ne se passe pas comme je l'espérais je me referme comme une huître attendant la prochaine fois où je serais à nouveau décidée à aller vers l'autre. J'ai de plus en plus la sensation qu'il va falloir que je me fasse aider car personne dans mon entourage ne peut le faire et je ne souhaite pas non plus être un poids pour mes proches. Je crois que je suis lasse, lasse d'être déçue par la vie, par les gens, par tout ce qui m'entoure et ces déceptions qui se suivent et ne se ressemblent pas font que ma bonne humeur habituelle, ma joie de vivre s'étiolent devant ce fatras de sentiments enchevêtrés et indémaillables qui me perturbent.
Je vais mieux qu'il y a quelques mois, je me sens mieux dans ma peau mais je sais bien que ce n'est toujours pas "ça". Il va me falloir encore du temps, des évènements pour venir à bout de ce sentiment d'inexistence.