texte écrit sur la base de la dernière consigne de Paroles Plurielle (lien à droite dans mes exo)

CA4FOHE5"Il n’est pas rentré cette nuit. Je l’ai attendu longtemps, le regard absorbé par les diodes luminescentes des minutes et des heures qui me semblaient interminables. Il est parti en m’embrassant comme d’habitude, en me disant « à plus tard, ne t’inquiète pas ». Je l’ai laissé partir à cette soirée avec ses amis… Je n’aurais pas dû accepter, j’aurais dû l’en empêcher.

Le jour se lève enfin sur ma plus longue nuit. Il faut que je m’occupe de mes filles et que je les dépose à l’école.

C’est la mort dans l’âme que j’effectue cette tâche pourtant plaisante. Ma tête est vide, mon cœur est meurtri, je suis un automate programmé et je fonctionne comme tel. Comme un robot, je prends la voiture, je leur parle, je leur souris et les dépose enfin devant l’école. Je me retrouve à nouveau seule, vidée, détruite.

CA4FOHE5Soudain, j’aperçois sa voiture devant une superbe villa juste en face des bâtiments scolaires. Les yeux embués de larmes, la gorge serrée, je ne sais plus quoi faire, ni où aller. La route était droite jusqu’à aujourd’hui  et je prends brusquement conscience qu’un carrefour s’ouvre devant moi et qu’il va falloir choisir. Les chemins de la vie sont quelquefois tortueux, caillouteux, couverts de ronces qu’il faut couper. J’ai toujours avancé tant bien que mal dans une vie d’infortune, de galères, de joie ou d’amour, mais cette fois j’ai un mur en face de moi, un mur que je vais devoir franchir, un mur immense au pied duquel je devrais déposer mon amour, l’abandonner, le fuir.

C’est décidé, cette fois je le quitte. J’appelle un ami, lui demandant de venir changer ma  serrure. Il arrive immédiatement, les amis c’est comme ça, c’est fait pour ça aussi… Pendant ce temps je découpe méticuleusement ses affaires et les empile dans un sac poubelle. Mon cœur bat la chamade, et s’il rentrait ?  J’accélère le mouvement, range les objets fragiles dans une vieille valise, son réveil, ses bibelots, ses affaires de toilette. Je suis en larmes mais la présence de cet ami me rassure.  Je pose le baluchon devant la porte avec un mot accroché sur le volet que j’ai pris soin de verrouiller « Je t’ai accueilli chez moi, je t’ai aidé à t’en sortir, j’ai toujours été là lorsque tu avais besoin de moi…je t’ai aimé sincèrement, oubliant ma propre vie et toi tu batifoles avec une autre. Ne compte plus sur moi.  Adieu ».

Je me rends à l’école pour récupérer mes filles, sa voiture est encore là, c’est décidé, nous partirons loin toutes les trois, pendant deux jours et qu’il m’aime encore ou pas, qu’il ne sache pas où aller dormir ce soir, qu’il n’ait plus de toit… désormais c’est son problème, plus le mien."