Le soleil perce à travers les volets de ma chambre dessinant des raies de soleil au dessus de mon lit. Je me lève avec entrain portée par cette lumière qui éclaire ma chambre d'un vert d'eau magnifique. Je bois mon café en lisant mes mails...ou plutôt les pubs diverses et spams que je supprime sans les ouvrir. Que reste t'il ? Hmmm rien de très intéressant. Des amis qui m'envoient des blaguounettes qui mettent des heures à se charger lorsqu'il y en a beaucoup... mais bon, je fais le tri et ne fait jamais suivre. J'ai en horreur ces chaines et je devrais probablement traverser les quelques années qu'il me reste à vivre avec tout le malheur du monde sur ma tête.

Je dois me préparer pour emmener maman faire quelques courses et nous allons ensuite nous poser chez mon frère pour le repas. Il invite sa belle-mère qui habite en face et se retrouve bien seule depuis le décès de sa fille. Je ne l'aime pas, je ne l'ai jamais aimée sans trop savoir pourquoi. Autant ma belle-soeur était charmante, intelligente, vive, rigolote autant elle, elle passe son temps à se plaindre de ses petits maux et cela même lorsque sa fille était très malade. Non, vraiment je ne l'aime pas et mon frère le sait. Mais j'ai fait bonne figure comme je le fais souvent dans ces cas là. Je ne peux m'empêcher de penser à ce que ses deux filles ont subi étant petites car je connais la famille depuis longtemps et j'étais très amie avec la soeur de ma belle-soeur sans savoir qu'elle le serait un jour.

Ses filles étaient toujours attiffées, c'est le terme exact, de pulls fait main avec des pelottes de laine de récupération aux couleurs indescriptibles entre rose et vert fluo. Leur manteau d'automne étaient fait au crochet. Elles n'avaient pas le droit au maquillage biensûr et mon amie se maquillait dans le bus qui nous menait au lycée. Tout le monde se moquait d'elles et ça me faisait de la peine. Mais elles ne se sont jamais démontées pour autant. Ses parents n'étaient pas riches et avaient acheté une maison. Et bien moi, entre le bonheur de mes enfants et une maison que je n'ai pas les moyens de payer au risque de nous priver de tout, je choisi mes enfants. Ils avaient une maison mais pour ne pas salir l'étage, ils vivaient au rez-de chassée dans une cuisine aménagée et ne montaient que pour dormir. Coté sorties avec les enfants c'était le néant, vacances ? Même pas on y pense...Les père travaillait beaucoup pendant que la mère s'occupait d'un jardin dont elle allait vendre les légumes au marché. Ensuite, ils ont acheté un appartement en Espagne qu'ils louaient par l'entremise d'une agence locale. Lorsque les filles ou leurs enfants demandent à aller dans l'appartement, elle exige qu'ils l'emmènent avec eux sans quoi elle ne leur donne pas la clé. Son mari est mort depuis et elle se retrouve bien seule avec son "matelas de billet" qu'elle ne dépense jamais. Elle ne s'habille pas et il arrive que mon frère lui demande d'aller se changer lorsqu'il vient chez elle tellement les vêtements sont vieux, tachés ou déchirés. Alors lorsque j'entends cette femme aujourd'hui dire qu'elle a tout fait pour ses enfants... hmmm ça me fait doucement rire.

Donc, nous étions à table. Les sujets de conversation sont absents, je n'ai envie d'en aborder aucun car elle n'écoute rien de ce que l'on dit et part ses propres discussions personnelles ou si on aborde des questions d'argent. C'est comme ça que j'ai appris qu'elle avait lu un article important dans le RADAR DIGEST... Mon frère et moi nous sommes regardés et avons éclaté de rire.

Je ne pouvais manquer de noter cela ici, car c'était le meilleur moment de cette journée qui s'est terminée tranquillement par une cueillette de lavande dont j'ai posé un bouquet sur la table de ma cuisine.

Voilà... c'est triste non ? J'ai ramené maman chez moi après le repas du soir où nous nous sommes retrouvé en famille, maman, mon frère et moi et où j'ai pu enfin discuter de sujets familiaux qui me tenaient à coeur. Rare sont les gens que je n'aiment pas et pourtant, j'ai beau me raisonner, il n'y a rien à faire pour que j'appécie cette femme qui était pourtant la maman d'une femme que j'adorai...et qui trop tôt nous a quittés.

Quant à l'animateur, j'ai perdu le contact. Il a tenté de m'appeler deux fois et deux fois je n'ai pu répondre car en réunion. J'ai rappelé mais pas de réponse. C'est un véritable dialogue de sourds... tant pis.. j'ai plus envie d'un amant. Ca m'a passé jusqu'à la prochaine fois ;o).