Je viens de lire chez Pierre, une entrée qui m'interpelle profondément où il parle de son immobilisme. J'ai l'impression que j'en suis là aujourd'hui. Je n'avance plus, je ne progresse plus, je suis en arrêt avec l'impression d'attendre sans savoir ce que j'attends. La route est trop droite, ça va trop vite et j'apprécierais de rencontrer un virage...pour frêner, ralentir.  Mais rien, ça file à tout allure, les jours, les mois, sans qu'il ne se passe rien d'intéressant dans ma vie ou sans que je le veuille vraiment comme si l'envie n'était plus là d'aller de l'avant, de m'investir, de m'engager. Même au bureau j'ai l'impression d'être au ralenti comme si je n'avais pas envie que les choses avancent, comme si je n'avais pas envie de l'après. 

Je pensais qu'après ces six semaines d'arrêt, ma vie prendrait un nouveau départ. En fait, j'avais un objectif, l'opération. Puis un autre, ma convalescence. Maintenant que la vie a repris son cours normal, je me retrouve immobile à nouveau.

Il faut dire aussi que durant cette période de convalescence, j'avais gardé le contact avec un homme que j'avais rencontré. Nous avions une grande complicité mais uniquement par mail, tel ou msn. Nous avions quand même prévu de nous rencontrer à nouveau lorsque je serais guérie. Il vit à plus de 100 km, ce qui ne rend pas facile les rencontres. Et puis, sans raison apparente, il est devenu froid et distant. Ca m'a fait du mal, je n'ai pas vraiment compris ou pas voulu comprendre. Je me suis sentie vide et seule, profondément attristée. Je ne sais pas trop ce que j'attendais de cette relation mais elle me faisait du bien. Les petits sms le matin au réveil, les mails, les messages sur mon répondeur, les appels, tout cela a meublé ma période de convalescence et le vide a été est difficile à combler. J'imagine qu'il a du faire une rencontre plus proche de chez lui et a souhaité couper les ponts. Finalement, il a raison, à quoi bon ?

J'ai du mal à comprendre, j'ai du mal à me séparer des personnes que j'apprécie, à les voir s'éloigner. Je n'ai pas d'objectif précis lorsque j'entretiens une relation. Cela peut-être de l'amitié, de la tendresse, de l'amour, je ne le sais pas vraiment moi-même,  mais dans tous les cas, les cassures font mal.

Aujourd'hui j'essaie de passer à autre chose et je me réhabitue petit à petit à ma solitude. Heureusement, le travail me prend beaucoup de mes journées et je vais également essayer de m'impliquer un peu plus à la mairie de ma ville. Cela me fera rencontrer d'autres personnes et réfléchir sur des sujets intéressants. Cela ne m'empêche pas d'avoir l'impression d'être immobile parce que je n'éprouve plus l'envie de faire, de construire. C'est comme si je batissais des mûrs et qu'ils s'écroulent à chaque fois. Il va falloir que j'apprenne à construire seule. Au moins personne ne viendra tout foutre en l'air mais je n'ai pas encore appris... Ne suis-je donc pas encore adulte ???

Je pense que je vais devoir me faire aider car cette situation dure depuis trop longtemps. J'aimerai pouvoir écrire des choses plus gaies, ici, mais en ce moment, il faudrait que je me force et je n'en ai pas le courage.

Demain sera un autre jour, je suis en congés et peut-être qu'une bonne nuit de sommeil sera réparatrice, mais j'en doute. La perspective d'un WE en solitaire ne m'enchante pas vraiment tout comme la perspective d'une nouvelle rencontre qui risque de me déranger encore plus.

En fait, je ne sais plus ce que je souhaite faire. J'apprécierai qu'on m'aime pour ce que je suis mais souvent, je suis déçue car la sensibilité des hommes n'est pas placée au même endroit.

Tiens, un petit exemple d'un contact que j'avais eu sur "mitic". Après un dialogue très sympathique et assez intéressant, un homme me fait savoir qu'il aimerait que l'on se rencontre. Durant les dialogues qui ont suivi, il me disait qu'il avait trouvé la femme qu'il cherchait... tsssssss je suis pas dupe... Donc je commence à me méfier sérieusement. Il m'appelle son ange, sa douce et moi je reste toujours un peu en retrait en espérant qu'il se dévoile un peu plus. Il me propose alors une rencontre ... chez moi. Je lui dit que ce n'est pas possible car ma fille vit avec moi et elle verrait, je pense, d'un mauvais oeil cette première rencontre à notre domicile. Il me répond "tu n'es donc pas libre de tes mouvements, bye bye". Je n'étais pas déçue de perdre cette relation mais plutôt de ce comportement idiot. La bétise me révolte...même s'il m'arrive de l'être aussi quelquefois mais ce n'est jamais dans l'irrespect de l'autre.

Alors, envie de faire d'autres rencontres ?? Non, surement pas dans ces conditions... Ras la casquette, je préfère encore rester seule et me noyer dans mon immobilisme.

Une chanson dit "Ou sont les femmes ?" et moi je dis "Ou sont les hommes ?" ceux qui apprécient et respectent les femmes pour ce qu'elles sont et non pour la bonne fell... à laquelle ils rêvent. Je sais, je ne suis pas au bon endroit...et les hommes sont ailleurs mais ai-je réellement envie d'une relation suivie ? Je ne sais plus. J'ai peut-être simplement envie de ressentir de l'affection, de l'amitié de la part d'un homme sans qu'il ne soit utile de dérouler le tapis rouge... ou d'envisager autre chose.

En fait... je me sens un peu seule...mais je ne fais rien de ce qu'il faudrait pour ne plus l'être.