MICROSCOPE"En un mot, l'homme peut rapporter tous ses raisonnements à deux critériums, l'un intérieur et conscient, qui est certain et absolu ; l'autre extérieur et inconscient, qui est expérimental et relatif

Quand nous raisonnons sur les objets extérieurs, mais en les considérant par rapport à nous suivant l'agrément ou le désagrément qu'ils nous causent, suivant leur utilité ou leurs inconvénients, nous possédons encore dans nos sensations un critérium intérieur. De même, quand nous raisonnons sur nos propres actes, nous avons également un guide certain, parce que nous avons conscience de ce que nous pensons et de ce que nous sentons. Mais si nous voulons juger les actes d'un autre homme et savoir les mobiles qui le font agir, c'est tout différent. Sans doute nous avons devant les yeux les mouvements de cet homme et ses manifestations qui sont, nous en sommes sûrs, les modes d'expression de sa sensibilité et de sa volonté. De plus nous admettons encore qu'il y a un rapport nécessaire entre les actes et leur cause ; mais quelle est cette cause ? Nous ne la sentons pas en nous, nous n'en avons pas conscience comme quand il s'agit de nous-même ; nous sommes donc obligés de l'interpréter et de la supposer d'après les mouvements que nous voyons et les paroles que nous entendons. Alors nous devons contrôler les actes de cet homme les uns par les autres ; nous considérons comment il agit dans telle ou telle circonstance, et, en un mot, nous recourons à la méthode expérimentale. De même quand le savant considère les phénomènes naturels qui l'entourent et qu'il veut les connaître en eux-mêmes et dans leurs rapports mutuels et complexes de causalité, tout critérium intérieur lui fait défaut, et il est obligé d'invoquer l'expérience pour contrôler les suppositions et les raisonnements qu'il fait à leur égard. L'expérience, suivant l'expression de Gœthe, devient alors la seule médiatrice entre l'objectif et le subjectif, c'est-à-dire entre le savant et les phénomènes qui l'environnent." Claude Bernard

Et oui, il est bien difficile de comprendre ce qu'il se passe dans la tête d'un homme ou d'une femme et je me retrouve souvent en position d'"analyste débutant" à étudier les mots, les gestes qui me permettront de mieux cerner la personnalité que j'ai en face de moi. C'est ainsi que je découvre des personnalités petit à petit, dialogue après dialogue, mais la véritable découverte de l'autre se passe souvent au sein d'un groupe, lorsque nous avons la possibilité de l'observer de l'extérieur ce qui n'est pas le cas lors de tête à tête. Elle se passe aussi lors d'évènements particuliers qui mettent l'autre à contribution. Il m'est arrivé d'être extrênement déçue par des comportements ou des réactions auxquelles je ne m'attendais pas ou d'être aussi agréablement surprise par des personnes que je pensais froides et distantes.

Alors tout cela pour en venir où ?? Et bien je ne sais pas trop, je réfléchis à la difficulté que j'ai à trouver l'amour. Suis-je encore capable d'aimer si je n'ai plus en moi cette innocence de la jeunesse, si l'expérience devient un frein trop puissant pour me libérer totalement et vivre pleinement le présent sans penser au passé et à l'avenir incertain ? Si je passe mon temps à analyser l'autre parce que j'ai peur de me tromper à nouveau, il m'apparait clairement que je vais au casse-pipe...