christelle1

Je sais que certains d'entre vous me lisent depuis longtemps et qu'ils connaissent presque tout de ma vie. Alors il faut que je vous parle de ma blondinette, celle qui me causait tant de soucis lorsqu'elle vivait sous mon toit.

Hier soir, je l'ai accompagnée chez son ex employeur pour récupérer une lettre de licenciement ainsi qu'un chèque. En effet, l'employeur de ma fille, propriétaire du bar où elle était une serveuse dévouée, a commencé à la traiter comme une gamine après qu'elle se soit absentée une journée suite à des douleurs au ventre. Il l'a traité de menteuse et de comédienne et à partir de là leur relation est partie en vrille. Ma fille s'est mise en arrêt de travail, choquée par ce harcellement et à la limite de la dépression. Je l'ai aidée comme j'ai pu mais à distance, elle habite maintenant son appartement à 30 km de la maison, ce n'est pas évident. Alors je l'ai aidée à se battre pour que son employeur la licencie alors que, lui, souhaitait qu'elle démissionne. Vous comprendrez aisément le problème : démission = pas de chômage = aucun revenu.

Nous lui avons donc adressé, à l'issue du congé maladie de Blondinette, incapable de reprendre son travail, une démission forcée en indiquant précisément les raisons et notamment le harcellement subit par ma fille. Cette démission forcée pouvait être transformée par un tribunal en licenciement et permettait aussi de la libérer définitivement des griffes de ce patron et lui permettre de trouver un autre emploi. Apparemment, ce courrier a inquiété cet homme qui ne l'a pas accepté, indiquant qu'elle était priée de reprendre son poste. Nous avons adressé une nouvelle lettre indiquant qu'il n'avait pas à accepter ou à refuser et que nous irions jusqu'au bout pour faire reconnaitre les droits de ma fille. Ce à quoi, il a répondu qu'il souhaitait la rencontrer pour traiter le problème et éventuellement la licencier. Il est évident que je ne l'ai pas laissée seule à ce rendez-vous et que j'ai demandé pour elle l'aide d'un conseiller prud'hommal. Bien m'en a pris car cet homme bénévole après s'être rendu avec elle à cet entretien m'a confié que c'était l'un des plus difficile auquel il a assisté ayant été obligé de se mettre en colère devant le comportement du patron envers ma fille. Finalement elle a reçu une lettre de licenciement mais aucun chèque car un décompte savant faisait que le compte se retrouvait à 0. Je lui ai conseillé de rappeler la personne qui l'avait assisté. Il a été très surpris par la mauvaise foi du patron et l'a rappelé le jour même en lui indiquant ses droits et ses devoirs devant un licenciement dans le cadre d'une CPE.

Elle était donc reconvoquée hier, à l'issue d'un mois de préavis qu'elle n'a pas été obligée de faire,  et a reçu une nouvelle lettre ainsi qu'un chèque. Bien sûr, le chèque était important mais n'était encore pas du montant que nous avions calculé car il avait au passage oublié de décompter quelques mois sur 2005. Ma fille, déjà fatiguée par cette bataille, m'a demandé de ne pas aller plus loin, ce que j'ai respecté.

Nous sommes donc allées boire un verre pour fêter cela et avons longtemps discuté toutes les deux. C'est un dialogue très tendre qui s'est installé de lui même. Ma fille a changé, elle a grandi. Elle me couvrait de compliments, me disant que j'avais vraiment bien agit avec elle, qu'elle reconnaissait avoir été difficile dans sa période adolescente et qu'elle s'en excusait. Elle a également retrouvé son père et me disait tout l'amour qu'elle avait pour lui aujoud'hui grace à moi car je l'ai poussée à le rencontrer alors qu'elle ne le souhaitait pas. La haine qu'elle lui vouait a disparue.

Sur ce je lui ai également annoncé que sa Mamie adorée, ma maman, passait ses dettes par 0 et lui faisait cadeau de ce qu'elle lui avait emprunté. Je lui ai également appris que sa Mamie avait un mobile depuis peu et elle s'est empressé de l'appeler pour la couvrir de mercis et de "Je t'aime Mamie", des larmes plein les yeux. Je n'étais pas loin de pleurer aussi lorsqu'elle a raccroché et s'est tourné vers moi en me disant : "j'ai de la chance de vous avoir...toi aussi Maman, je t'aime".

Nous avons longuement discuté, elle semblait heureuse, et moi aux anges de la voir ainsi. Je lui ai rendu son amour et sa tendresse en disant que malgré les difficultés que nous avons rencontrées, je l'ai toujours aimée très fort et qu'elle n'aurait jamais dû en douter, qu'elle s'en sortira toujours car elle avait un caractère bien trempé malgré une immense sensibilité.

C'était une super soirée, deux heures de discussions non stop avec ma blondinette avec qui j'avais tellement de mal à communiquer. Nous nous sommes retrouvées entre femmes...et ce fut un pur moment de bonheur pour moi et pour elle aussi.