Samedi, j’étais avec maman lorsque j’ai reçu un coup de fil pour le moins étonnant. Je ne pensais pas que des années après les sentiments pouvaient encore déclencher des évènements assez inattendus.

Je ne m’attendais pas à cela et j’étais loin d’imaginer qui était au bout du fil... C’était mon ex-mari, le père de Brunette et de Blondinette.

Il y a quelques jours, il était venu de Nice pour les voir et avait passé un petit moment à la maison, attendant que Blondinette soit prête pour partir avec lui manger au restaurant en tête à tête après trois ans d’absence physique. Il l’appelait souvent mais ne l’avait pas revue depuis leur dernière visite chez lui pour le mariage de sa belle-fille, il y a quatre ans. Le temps a passé et lorsqu’il a rencontré sa fille, il avait les larmes aux yeux. Larmes de joie ou de regrets de ne pas l’avoir vu devenir une petite femme ? De ne pas avoir été là, proche pour la regarder grandir, mûrir, s’épanouir, devenir celle qu’elle est aujourd’hui avec son terrible caractère qui fait aussi tout son charme. Elle n’a pas ménagé son père et jusqu’au dernier moment, elle n’avait pas l’intention d’accepter cette rencontre au contraire de Brunette qui semblait heureuse de le revoir. J’ai dû lui dire que c’était aussi l’occasion pour elle d’avoir enfin un tête à tête, lui parler, lui dire tout ce qu’elle a sur le cœur et peut-être aussi lui dire qu’elle l’aime malgré tout. Les liens de sangs sont infinis et il sera toujours son père.

Ce samedi donc, le téléphone a sonné. C’était lui. Je lui dis que ses filles ne sont pas là et qu’il peut rappeler plus tard. Il me répond que c’est à moi qu’il veut parler et cette douceur entremêlée de gène dans sa voix me surprend. Il me dit qu’il regrette d’avoir eu un comportement aussi imbécile avec une femme comme moi et apparemment une très bonne mère. Il est très fier de ses filles, me dit qu'"on" a fait du bon boulot. Il comprend tout ce que j’ai dû ressentir et le pourquoi de notre divorce.

Je m’en suis un peu confiée lors du marathon que j’évoquais il y a quelques jours.

En nous voyant réuni toute les trois dans cette maison (la même depuis la naissance de Blondinette, location que j'ai souhaité conserver pour mes filles afin que le divorce ne soit pas une cassure avec leurs repères), il m’a dit que ça lui a fait un choc, celui de cette place vide qu’il aurait dû occuper. Je ne sais quoi lui répondre. Je suis surprise de cette prise de conscience soudaine. Il me dit qu’il a tout gâché par son comportement.

Cela fait maintenant 16 ans que nous sommes divorcés et pourtant, il me dit que les sentiments ne se contrôlent pas, que même remarié depuis bientôt 14 ans, il n’oublie pas et que je resterais toujours son premier amour et la mère de ses enfants.

Il sait que je vis seule aujourd’hui, que je n’ai pas d’ami de cœur et peut-être que cela le perturbe. Tant que la place était prise, il ne pouvait rien dire. Aujourd’hui, il a vu cette place vide, cette place qu’il aurait dû occuper auprès de nous et se dit " quel gâchis ! ".

" On a vu souvent rejaillir le feu d’un ancien volcan qu’on croyait trop vieux " mais mon volcan à moi s’est éteint depuis bien des années.

Il est des comportements que la raison peut pardonner mais rien qu'un coeur blessé ne puisse oublier…