Deux voiles me collent à la peau chaque jour et je me drappe de l'un et de l'autre ne sachant plus si je ne devrais pas m'enrouler dans les deux à la fois tant je navigue.

La vie me manque, je vivote avec cette impression d'attendre le temps qui passe. Je suis débordée au bureau, débordée à la maison, débordée dans ma vie et pourtant les heures passent sans que j'ai l'impression de construire ma vie. Je bricole de droite et de gauche pour ne pas que mon toit s'écroule mais je ne bâtis pas, je répare continuellement ce qui s'use. J'essaie parfois de creuser pour faire surgir des sentiments enfouis mais je sais bien que seule je n'y parviendrais pas. Alors je prends les petits bonheurs qui se présentent, je titille ma vie mais tout cela ne suffit plus.

Je me sens épuisée comme au sortir d'une bataille avec l'envie de me battre encore pour retrouver cette énergie qui m'a poussée ces derniers jours.

Finalement, je m'aperçois que je n'ai rien à écrire, rien à dire d'intéressant, de percutant. La vie reprend son cours et je n'aime pas ça... Surtout à l'aube de la cinquantaine qui s'approche à grand pas... pffffff ce 5 qui arrive dans quelques jours et qui va virer le 4 avec qui j'avais bien sympathisé. Oui le 4 c'est agréable, on est ni jeune, ni vieux, les rides sont encore de petites esquisses qui commencent à peine à se dessiner, à dessiner ce que l'on est, à dessiner nos nombreux sourires ou nos nombreuses tristesses, à donner vie à notre visage. Que m'apportera le 5 ? Le bonheur peut-être, la sagesse enfin ? Non, je crois que je resterais éternellement une femme enfant, celle qui ne cesse de se poser des questions, celle qui ne calcule pas, celle qui aime la vie et ce qu'elle lui apporte, celle qui aime les gens, qui leur fait encore confiance malgré tout, celle qui aime rire et faire la fête, celle qui n'aime pas qu'on la punisse sans qu'elle ne sache pourquoi ... celle qui veut aider, qui n'aime pas voir des gens tristes, qui donne sans attendre en retour, qui voudrait que tous ceux qui l'entourent soient heureux... tout simplement, celle qui aime avec un coeur gros comme ça ... comme une enfant qu'elle est restée et restera.