Après le renvoi de notre affaire, mercredi matin, par le président de la cours d'appel invoquant le motif qu'il connaissait trop bien Maître F..., nous sommes rentrée ma mère et moi un peu déçues que la rencontre avec le premier président de la cour d'appel n'aie pas eu lieu. J'étais prête, connaissant mes arguments par coeur, je n'avais pas le trac et j'avais l'envie de défendre ses intérêts. Mais voilà, les choses ne se passent pas toujours comme elles étaient prévues, la vie serait trop simple sans cela.

 

Au retour mon téléphone grince m'indiquant que j'ai un message et c'est ma blondinette en pleurs que j'écoute me dire qu'il faut que je la rappelle d'urgence. Je n'écoute même pas la fin et appelle immédiatement la maison. Elle pleurs encore, complètement affolée. Je lui demande ce qu'il se passe. Elle me dit qu'elle ne pourra pas avoir son appartement, qu'il lui faut une caution contrairement à ce que lui avait dit le directeur de l'agence immobilère, client du bar où elle travaille, que sa voiture n'a plus de freins, qu'elle ne sait plus quoi faire. Ouf, je pensais qu'il y avait mort d'homme ou de chien ou de chat lorsque je l'ai trouvée dans cet état. Il faut dire que Blondinette est une petite femme argneuse, colèrique mais hyper sensible.

 

Je la calme en lui demandant de me dire précisemment quel est le problème. Elle me dit qu'il faudrait que je me porte caution pour l'appartement et qu'elle ne peut plus rouler avec sa voiture et se sens complètement bloquée et impuissante.

 

Je lui annonce alors que j'avais pris ma journée et que je suis donc disponible pour elle tout l'après-midi ... voila ce que c'est d'être mère.

 

Je réunis tous les documents nécessaires pour me porter caution pour l'appartement qu'elle a trouvé à 30 km de la maison tout près de son lieu de travail. Je dépose ma mère au passage et nous nous rendons à l'agence. Là, je n'imaginais pas ce qui nous attendait. J'ai déjà rempli des dossiers mais autant de feuilles, contrats, attestations, recopiage d'engagement de caution à la main... je n'ai jamais vu ça. Cela a duré deux heures pendant lesquelles il m'a fallut appeler mon payeur pour lui demander de nous faxer en urgence une attestation confirmant mon CDI.

 

Enfin, tout est bien qui fini bien, ma blondinette a reçu en échange les clés de son nouvel appartement et 15% de remise sur les frais d'agence.

 

golfNous nous y rendons et là surprise, ce petit studio de 20 m2 est très agréable, il a deux petits balcons qui donnent sur des jardins et un terrain de golf avec de grands arbres, c'est vous dire si elle est dans la verdure.

 

Mais il est un peu vide et nous décidons d'aller acheter quelques meubles. Nous voilà parties en ville. Canapé-lit, télé, cafetière, meuble de télé, table basse, table de cuisine avec chaises, casseroles, couverts, assiettes, tasses, bols, torchons, serviettes, balais... Je me demandais comment nous allions récupérer tout cela dans ma voiture. Blondinette me regarde avec un sourire amusé et me dit attend, tu vas voir. Elle compose un numéro, échange deux mots au téléphone et voilà qu'une demi-heure plus tard je vois arriver devant le magasin un camion 9m et un beau jeune homme, la trentaine, qui charge tout avec un grand sourire. Elle me dit que c'est un client du bar où elle travaille. "hmmmm quel dévouement pour toi ! " "Pffff moon, c'est juste un ami.".

 

Nous voilà repartis, la voiture et le camion chargés à bloc. Arrivés à l'appartement nous déchargeons le tout et l'ami commence à monter le canapé-lit pendant que nous nettoyons et rangeons les affaires. Mais le canapé ne sera monté que le lendemain car les vis de montage n'étaient pas dans le carton.

 

Enfin , tout est bien qui fini bien. Ma blondinette me couvre d'excuses, me dit combien elle m'est reconnaissante d'avoir fait tout cela et moi de répondre ... je suis ta mère non ?

 

Aujourd'hui, elle a intégré ses pénates grace à d'autres copains dévoués qui ont fini le montage des meubles et elle est heureuse d'être enfin chez elle. Je suis heureuse aussi de ne plus la voir partir en courant le matin pour faire 30 km par tous les temps à vitesse grand V, sur des routes de montagnes pour rejoindre son lieu de travail.

 

Elle a grandi mais elle reste encore une petite fille fragile...