MomeLa Môme... nul n'aura pu passer à côté de la promotion de ce film. Je n'aime pas ces tapages dérangeants autour de certains films pendant que d'autres, très bons également, restent dans l'ombre. Pour "La Môme", j'ai souhaité faire une exception et je viens d'aller voir le film dans une petite salle d'un village près de chez moi.

 

16:30, j'interromps une discussion avec mon responsable. J'ai des obligations ce soir envers mes mamies. En fait, elles sont deux, ma mère et Wanda qui m'attendent pour se rendre au cinéma, à la scéance de 18 h. A 17:05 je suis devant la maison de Wanda et je klaxonne mais rien, pas de réponse, le silence total, même pas un petit grincement de porte. Je re-klaxonne mais toujours rien. Peut-être me suis-je trompée et ai-je mal compris ? Wanda est peut-être chez ma mère ? J'appelle maman sur son fixe (bin vi, le mobile, on a vite abandonné l'idée lorsqu'elle met déjà 10 minutes à trouver les clés de sa maison dans un tout petit sac à main...) pas de réponse. Je sors de la voiture, il pleut, je mets ma capuche et sonne au portail. Une petite tête blonde frisée apparaît. C'est Wanda... "ta maman est aux toilettes, on arrive". C'est dingue comme à chacune de mes arrivées, ou de mes appels, elle se trouve toujours aux toilettes ;-).. le trac sûrement ;-)). Bon je plaisante. Je récupère les deux mamies et nous nous rendons jusqu'au cinéma à 5 kms de là. Arrivées les premières sur les lieux, nous nous installons aux places centrales qui nous conviennent le mieux. Les gens commencent à arriver, moyenne d'age ... je dirais 65 ans. C'est pas grave, finalement je me retrouve presque la plus jeune ce qui est de plus en plus rare dans ma viedefemme ;-).

 

J'ai de beaux souvenirs d'Edith Piaf bien qu'elle soit décédée alors que j'étais encore très jeune. Ses chansons ont bercé ma plus tendre enfance et je me rappelle d'un après-midi entier, attendant, le micro de mon premier magnétophone à la main, pour enregistrer, sur les radios de l'époque, le titre  "les 3 cloches" que j'adorais. J'ai réussi, enfin, après beaucoup de patience et surtout une course effrainée pour mettre en route le magnétophone dès que j'ai entendu les premières notes de la chanson. Cela me rappelle aussi un scénario identique pour"l'Aigle Noir" de Barbara. Je devais avoir une dizaine d'années, peut-être moins.

 

Le film... ah le film ... J'ai retrouvé la Piaf que j'ai connue, celle dont j'ai le souvenir d'avoir vu les photos dans les magazines. Cette femme nature, cette personnalité hors du commun que le show bizz n'a jamais réussi à lui ôter, ce langage de titi parisien, je l'ai retrouvé sous les traits  de  Marion Cotillard. C'est un très beau film, dans lequel on ne s'ennuie pas. Olivier Dahan a choisi la dynamique des flashs back.  Le film est orchestré d'une manière très intelligente. On y revoit tous les moments marquants de la vie de Piaf, sans longueurs, avec une vérité que je retrouve de ce que je connaissais de cette femme irremplaçable et irremplacée.

 

J'ai aimé... et lorsque je regrette la fin d'un film c'est que je ne m'y suis pas ennuyée. Peu de passages on été romancés. Seule l'existence de la prostituée, qui a pris la petite Edith en affection alors qu'elle avait 10 ans, a été créée de toute pièce.

 

Je sors de cette salle en me disant que j'aimerais être cette femme, avec son aplomb, avec sa personnalité, avec son intelligence. Elle était un coeur perdu, un peu comme moi, elle aimait aimer, elle a eu beaucoup d'hommes dans sa vie, beaucoup l'on aimée et elle les a tous aimé. Et cette voix, cette présence sur scène, cette sensibilité à fleur de peau, sans calcul, sans manière.

 

Edith_PiafJe n'ai qu'une envie en sortant de cette salle, acheter un  CD... et m'ennivrer de cette voix magique qui vous pénètre au plus profond de votre être comme elle la fait lorsque je n'avais pas encore 10 ans.

 

Je me rappelle de "mon légionnaire", "Je ne regrette rien", "La vie en rose" ,"Milord" et "Les trois cloches" qui ont bercées mon enfance. Voici quelques petits extraits de cette magnifique voix qui fait frissonner tout mon corps

 

Les trois cloches

 

La vie en rose

 

Hymne à l'amour

 

Le ciel bleu sur nous peut s'effondrer
Et la terre peut bien s'écrouler
Peu m'importe si tu m'aimes
Je me fous du monde entier
Tant qu'l'amour inond'ra mes matins
Tant que mon corps frémira sous tes mains
Peu m'importe les problèmes
Mon amour puisque tu m'aimes

 

J'irais jusqu'au bout du monde
Je me ferais teindre en blonde
Si tu me le demandais
J'irais décrocher la lune
J'irais voler la fortune
Si tu me le demandais

 

Je renierais ma patrie
Je renierais mes amis
Si tu me le demandais
On peut bien rire de moi
Je ferais n'importe quoi
Si tu me le demandais

 

Si un jour la vie t'arrache à moi
Si tu meurs que tu sois loin de moi
Peu m'importe si tu m'aimes
Car moi je mourrais aussi
Nous aurons pour nous l'éternité
Dans le bleu de toute l'immensité
Dans le ciel plus de problèmes
Mon amour crois-tu qu'on s'aime
Dieu réunit ceux qui s'aiment

 

J'ai envie de lui dire merci pour le plaisir qu'elle m'a donné, pour les souvenirs qui ressurgissent intacts, ces souvenirs de mon enfance, ces souvenirs où des détails sont marqués au feutre indélébile.