Texte écrit selon la consigne de Autourdesmots : 13 à la douzaine n° 6. (Bientôt un  13... très sexy)

pare_brise2"La route défile devant moi dans le halo de mes phares. Il pleut, il fait nuit, les essuie-glaces gémissent sur le pare-brise à chacun de leurs aller et retour. La cybernétique permettra peut-être un jour aux véhicules de se conduire seuls mais pour l’instant je suis cramponnée à mon volant, évitant les énormes flaques d’eau qui envahissent l’asphalte.

Et c’est dans cet enfer du conducteur moyen que je me livre à un soliloque endiablé. Je repasse dans ma tête le discours que j’aurais à tenir demain. C’est une véritable polylogie cérébrale, menée par moi-même, comme si je me trouvais dans la peau d’un choryphée qui devrait faire respecter sa didascale à un jeune élève. Je réfléchie et je m’égare, puis je reviens et mes idées s’enchaînent, s’enchevêtrent, se déchaînent. Où en étais-je ? Le discours ? Les courses ? les badges ? Les consignes à la secrétaire ? Pfff je ne sais plus. Les pleins phares ? Y veut quoi ce type en face ? Ouppssss mes phares… bon, je me calme et je reprends. J’allume une cigarette bien que j’en connaisse les effets délétères mais il paraît que fumer rend plus intelligent durant quelques minutes…la belle excuse que voilà… De Vinci fumait peut-être en peignant la Joconde ?

Mais j’en étais où de mon baragouin ? J’assiste, impuissante à une « diaspora » de mes neurones qui semblent se disperser à l’intérieur de mon cerveau fatigué. On peut dire que je touche le fond, dans une aboulie mentale totale, au nadir de mes capacités intellectuelles.

Je hais l’homme qui m’a obligée à préparer cette conférence sur la biosphère. Oui, j’aime les plantes et les animaux mais de là à discourir durant une heure devant une assemblée de cent personnes, ce n’est pas du même acabit. Je pourrais commencer par l’eschatologie et l’histoire est finie. Comme cette histoire que me racontait ma mère «Il était une fois un roi et une reine qui étaient si petits, si petits, si petits que l’histoire est finie».

Un paparazzo ? Mais non guenille, c’est un radar qui vient de te flasher… C’est bien ma veine… Il ne me manquait plus que ça et me voila, tentant de reprendre tous mes esprits, alors qu’un signal lumineux balayant la route, me fait signe de me garer…"

La consigne : ICI