Après avoir encouragé  "l'autogestion", "la prise en main de son avenir professionnel", "la VAE", les "formations", "Ils" me font soudainement prendre conscience que ce message ne s'adressait pas réellement à une personne comme moi.

J'ai eu un excellent entretien annuel, les félicitations de mes responsables pour mes initiatives, mes travaux, mes réalisations en matière de statistiques et de tableaux de bord. "Et ben, tout baigne !" me direz-vous ? Et bien non... tout ne baigne pas, parce que le double langage existe. Il y a celui qu'on vous offre sur un plateau  (je ne suis pas dupe, j'ai fait des stages de management) et celui qui se dit en haut lieu.

J'ai demandé une formation précise, on me la refuse... soit, j'ai peut-être tapé un peu haut. On me la refuse alors qu'on l'accepte pour d'autres qui ont exactement le même profil que moi. Seule différence, l'age.

A 49 ans, certains se mettent au placard tout seul. Ils débrayent, se disant que finalement il y a d'autres choses que le boulot dans la vie.
A 49 ans, on est trop jeune pour occuper certains postes mais on est trop vieux pour d'autres.
A 49 ans, j'ai envie de leur montrer qu'on peut encore avoir des souhaits, des espoirs d'évolution, des envies.

J'ai envie de cette formation, j'en ai besoin pour moi et pour mon travail parce que je ne supporte pas de m'ennuyer dans un poste et cela commence à être le cas. Non pas que mon agenda est vide mais il ne s'emplit pas de ce que je souhaite. J'ai un besoin vital de renouveau, je ne supporte pas de plafonner parce que mes connaissances me limitent.  Je suis sûre qu'en matière de statistiques financières on peut mieux faire que ce que l'on fait aujourd'hui. 

Depuis mon dernier entretien (le cinquième en 2 mois... c'est pire que pour une embauche), je doute de moi, de mes capacités même si je sais que leur refus tient essentiellement  à mon age. Je me sens mal dans ma peau, j'ai l'impression qu'on m'observe, qu'on me juge, qu'on m'attend au tournant. C'est difficile à vivre malgré des sourires et des compliments qui affluent mais dont je sais qu'ils sont exagérés.

Alors je vais me battre une dernière fois, puisque je rencontre mon directeur. Il souhaite me voir et probablement juger par lui même de ma motivation. Ca va être difficile d'essayer de convaincre à nouveau quand je sais que cet entretien n'est destiné qu'à me dissuader d'entamer une formation longue et difficile.

Je ne sais plus quoi faire, quoi dire et j'ai l'impression de m'enfoncer de plus en plus à chacune de mes paroles. Comment garder confiance en soi ? Comment être assez forte pour leur dire qu'ils ne risquent rien à m'offrir cette formation ?

Je suis ... démoralisée et je me sens si seule face à eux.... J'ai envie de laisser tomber tellement cette impression de faire du forcing me dérange.
"Ouais, c'est bon, je laisse tomber. Rassurez vous, je vais me mettre gentiment dans un coin et attendre la retraite, excusez-moi et merci encore de l'attention que vous avez porté à ma requête et du temps que je vous ai fait perdre..."
Voila ce que j'ai envie de leur crier !