texte inspiré de cette  peinture de Pivoine

clairi_reMes pas s’enorgueillaient de piétiner les feuilles mortes du sous bois.
A chacun d’eux, des milliers de fragments s’éparpillaient
Venant recouvrir ce magnifique tapis déjà épais
Sous lequel la vie ne cessait de jaillir sous forme de petits êtres besogneux.

Soudain un immense bruit se fit entendre, un craquement terrible
Mon corps tout entier resta figé, paralysé, surtout ne plus bouger et écouter.
Un craquement encore plus sourd venant de derrière me fit me retourner.
Un énorme tronc bougea et commença à se pencher doucement puis sa chute s’accéléra.

Il se détacha de sa base pour venir s’écraser à quelques mètres de moi.
Une magnifique clairière l’accueillit comme pour préserver les autres arbres
Il était mort, mort au milieu d’un paradis de couleurs chatoyantes.
Un arbuste rutilant semblait lui rendre un dernier hommage.

La peur passée, de magnifiques nuances s’offraient à mes yeux affolés
Comme pour calmer mon angoisse d’être passée très près
Vert comme l’espérance, l’espérance de vivre encore longtemps
Jaune comme la richesse, la force qui renaissait en moi
Rose comme la tendresse et le bonheur qui m’attendaient
Bleu comme la pureté de ce paysage féerique
Blanc comme  l’élégance de cette sépulture, cadeau de la nature à cet arbre mort.

Je cueillis délicatement avec mes yeux
Toutes les teintes de ce tableau
Pour en garder un précieux souvenir
Qui redonnera de la couleur à mes pensées
Lorsque celles-ci frôleront le noir.


Consigne 35 Paroles plurielles