Il y a des périodes comme ça où la vie n’est pas notre amie. Surtout, ne pas déprimer, laisser passer, prendre sur soi et se dire « non, ce n’est pas la guigne, je n’ai pas été touchée par une sorcière à ma naissance, je n’ai pas d’ennemis qui m’en veuille au point de me jeter un sort, donc tout va s’arranger ».

sangliers_600Dimanche soir, la nuit est belle éclairée par la pleine lune. Je roule sur une petite route de montagne pour rejoindre la vallée après avoir quitté des amis qui m’avaient invitée pour la soirée. Il est 1:30, je négocie les courbes avec prudence et elles sont nombreuses. Soudain, à la sortie d’un virage, j’aperçois dans le halo de mes phares, un troupeau de sangliers qui traversent à toute allure en file indienne. J’écrase le frein tout en gardant le cap car la route est bordée d’une falaise d’un côté et d’un précipice de l’autre. Je me cramponne à mon volant, la voiture fonce dans le tas. Je sens un choc brutal à l’avant. Je m’arrête quelques mètres plus loin, le cœur battant, les jambes flageolantes et la peur au ventre de me trouver nez à nez avec un animal mort ou peut-être blessé, ou agressif. En clair, je suis complètement paniquée, c’est un grand moment de solitude. Je prends mon courage à deux mains et je sors du véhicule après avoir pris soin de mettre les warning. Je regarde la route, rien… ouf, apparemment je ne l’ai touché que légèrement. Mon véhicule n’a rien si ne n’est une tache de terre sur la roue avant gauche.
Toujours dans un état d’extrême anxiété, je reprends la route et rentre chez moi, un peu défaite par cette rencontre inattendue avec la faune régionale, pensant à cette bestiole blessée qui va peut-être aller mourir quelque part dans un fourré et à ces accidents dont on dit quelquefois « le véhicule a quitté la route sans raisons apparentes ». C’est ce qu’on aurait pu lire sur le journal après avoir retrouvé ma voiture au fond du ravin, et on aurait rajouté cette petite phrase banale « Elle avait bu quelques verres et elle a perdu le contrôle de son véhicule ». Bravo, super comme épitaphe...

Lundi, réveil un peu difficile, j’arrive à l’heure au bureau malgré une nuit courte et agitée. Je travaille sur les statistiques pour mon grand chef et je me retrouve avec 14 millions d’euros d’écart. Je transpire à grosses gouttes. M… ! mais c’est quoi ce truc ? Je reprends le dossier du mois précédent et m’aperçois que j’avais neutralisé cette somme. Un fournisseur avait eu un problème avec un nouveau logiciel qui a fait riper la virgule de 3 zéros dans tous ses montants facturés. Nous avions donc 6 factures de 14 millions d’euros au lieu de 14 000 euros. Ouffffff, ça colle avec mon écart. Je rends les chiffres en temps et en heure.

Mardi, je me réveille en pleine forme mais je m’aperçois très vite que la lumière qui passe par les volets fermés à quelque chose d’irréelle. Je regarde mon réveil… arffffffff il est 10:00 horreur, je suis à la bourre. Mon portable sonne, c'est Philippe, l'homme de mon équipe qui s'inquiète, je lui explique, il est plié de rire et me dit gentiment "à tour à l'heure alors, si tu ne rencontre pas un animal sauvage sur la route" Grrrrrrrr. Bon, je ne vais pas me précipiter, j'irais cet après-midi, vu l'heure avancée.

Mercredi, je suis en formation Access niveau 2. Journée très agréable, j’ai adoré bien que l’on n'ai pas abordé les macros qui concernent le niveau 3. Finalement je pense que je suis faite pour les études… bon OK c’est un peu tard pour m’en rendre compte… ;-).

Jeudi, Blondinette me réveille sans ménagement à 6:15, m’indiquant qu’elle est à la bourre, qu’elle n’a pas le temps de mettre de l’essence dans sa voiture, qu’elle me laisse ses clés et 20 euros pour en mettre et qu’elle prend ma voiture… "Euhhhh tu dis quoiii ?... Bon OK" et je me retourne pour me rendormir une petite demi-heure. C’est alors que l'image de mon PC portable traverse mon cerveau ankylosé. Je me lève d’un bond, court à la fenêtre et hurle à blondinette que mon PC est dans le coffre de la voiture. Ouf, elle m’entend et me le ramène avant de repartir en courant. Je n'aime pas qu'elle se presse pour aller à son travail. Elle emprunte une route de montagne et ne conduit pas doucement bien qu'elle ait son permis depuis peu. J'essaie de me raisonner et je m’installe alors devant un bon café, le temps de reprendre mes esprits en douceur.
Je me rends au bureau. Mon chef m’a déjà appelée deux fois. Il n’arrive pas à ouvrir le fichier des stats que je lui ai envoyé. Je lui dis qu’il devrait peut-être changer de PC mais il est tellement économe avec les deniers de l’entreprise que je sais bien qu’il ne le fera pas. Il me dit alors "c'est pas grave, garde tes stats au chaud pour quand j'en aurais besoin"...Je le zigouille tout de suite ou j'attends un peu ? ...
Dans l’après-midi je reçois un mail de W. Avant même de l’ouvrir, mon cœur bat la chamade, je me doute qu’il ne pourra pas venir ce soir pour le cours de maths de ma Brunette. Je suis déçue car c’était le petit plus de ma semaine, passer un moment, même court, en sa compagnie comme nous le faisons toujours, m'aurais fait énormément de bien...je ne suis pas exigeante hein ? Voila, c'est le petit moins qui gâche complètement la journée. Je sais bien qu'il est dans sa vie, qu'il a des priorité et que je ne représente pas le dizième de ce qu'il représente pour moi. C'est ainsi, et je me suis fait une raison, mais j'ai tellement l'impression de m'enrichir à son contact, d'être importante à ses yeux lorsqu'il est près de moi que j'ai du mal à m'en passer... 

Vendredi : Le réveil sonne, je me réveille. douche, maquillage, habillage, p'tit déj, tout semble bien se passer aujourd’hui. J’ai organisé une petite réunion ce matin avec mon assistante pour rédiger des procédures qu’elle a du mal à faire seule. Je m’apprête à partir lorsque je m’aperçois que je n’ai pas les clés de ma voiture. Mon portable sonne, c’est Blondinette … «M’man, suis désolée, les clés de ta voiture sont dans mon sac !». Argggggg je vais la tuer… J’appelle mon frère, il est déjà sur Grenoble. Bon, inutile de prendre le bus, je vais arriver à 11 :30 et c’est l’heure de la pose déjeuner. Et voilà, je suis devant mon écran et j’écris ce texte en buvant un deuxième café. Mon équipe était morte de rire au téléphone. Je leur promets de les étrangler à mon arrivée et j'exige de n'avoir aucune réflexion de leur part, même minime, sans quoi ils pourraient le regretter amèrement.
L’après-midi se passe à peu près bien sauf qu’une panne de réseau nationale de plus d’une heure m’a empêchée d’extraire les données dont j’avais besoin pour finaliser ma base Access. Nous sommes le vendredi 13… j’imagine d’ores et déjà que ce n’est pas ce soir que je vais gagner à l’Euro million ;-).

Samedi : Je n'ai pas gagné à l'Euromillion ;(

Bon dimanche à tous, y compris à moi-même ;-)))