indifference

Rien n'est pire que l'indifférence d'un être comme de revêtir un masque d'indifférence vis à vis de lui parce que rien ne semble permis que l'oubli.

L'indifférence est, je crois, le sentiment le plus difficile à supporter. N'intéresser personne, se sentir ignorée, invisible aux yeux des autres ou d'un être cher.

Pourquoi sommes-nous tous indifférents ? Est-ce parce qu'on se sent impuissant devant la misère de l'autre ?

Indifférent parce que méfiants ou honteux de passer les sacs pleins devant des personnes démunies ? Oubliant qu'il s'agit d'êtres humains tant ils font partie du paysage urbain ?

J'ai écrit dans un de mes commentaires que je parlerai peut-être du clochard de ma précédente histoire. A ce sujet, je préfère vous raconter une histoire vraie, qui m'a émue. 

Dans un village qui s'appelle Allevard,  niché au pied du plateau des lacs des Sept Laux, habite un ami très cher avec sa femme qui est infirmière. Elle a choisi ce métier par vocation et est totalement dévouée à ses malades qui sont essentiellement des personnes agées. Elle travaille de nuit comme de jour, toujours là où il manque de la main d'oeuvre malgré son statut de chef infirmière.

L'année dernière, le jour de Noël, elle demanda à son mari si elle pouvait inviter quelqu'un à réveillonner avec eux. Il la regardait d'un air surpris mais acquiesça en toute confiance. Elle s'habilla chaudement et sortit. Lorsqu'elle revint, elle était accompagnée du clochard du village que tout le monde connaissait pour l'avoir vu souvent marcher dans les rue ou installé dans un porche à l'abri du froid. Il fut très étonné, mais accepta son invitation avec plaisir. Elle lui proposa de passer à la salle de bain, lui donna serviettes, savons, bain moussant et rasoir. Elle récupéra ses affaires et lui donna à la place des vêtements de son père qu'elle gardait précieusement dans une armoire.

clochardL'homme qui sorti de la salle de bain n'était plus le même. Il partagea avec joie leur repas, leur racontant sa vie, ses mésaventures et les raisons de son désir d'indépendance vis à vis de la société.  Ce fut une belle soirée aussi pour mon ami, sa femme et sa fille.

Elle avait lavé et séché ses affaires durant le réveillon et les lui rendit avant qu'il ne reparte au matin dans le froid de décembre avec en cadeau les vêtements neufs, un sac de papillotes et peut-être aussi une étoile au fond du coeur . Il les remercia chaleureusement pour cette soirée et, depuis, leur regard n'est plus empreint d'indifférence lorsqu'ils se croisent chacun dans leur vie.

Lui avait choisi cette vie, d'autre ne l'on pas choisie. Demain, peut-être, je pourrai être de ceux-là... et vous aussi...qui sait ? Nul n'est à l'abri.