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Je me réveille vers 7 heures du matin. Mes filles, 3 et 5 ans, se lèvent aussi. La plus petite adore téter son biberon, pourquoi l'en priver, en plus c'est pratique. Je le lui prépare et l'installe devant ses dessins animés favoris où l'on n'entend que cris, rires, bruits de toutes sortes...qui me saoulent en 3 minutes. Mais, elle, elle adore ça et je l'entends rire aux éclats. Je prépare à la plus grande, un bol de lait chaud avec des tartines de beurre et confiture ou un bol de céréales avec lait froid. Je bois à la hâte une tasse de café et monte me préparer. J'entends des bruits venant du salon...je reconnais les pas de ma plus jeune fille sur le carrelage et de petits rires étouffés. Je n'y prête pas attention et continue à me maquiller. J'entends alors la porte du frigo qui s'ouvre, puis se referme et les petits pas à nouveau se dirigeant vers le canapé. Je descends pour voir ce qu'il se passe. Je trouve mes deux filles installées confortablement dans le canapé, l'air de rien. Je demande alors ce qu'elles font." 'ien" me répond la plus jeune avec un regard qui en dit long sur le fait qu'elle ne dit probablement pas la vérité. Je me dirige alors vers la cuisine et là, par terre, à côté du frigo, un blanc et un jaune d'oeuf dégoulinant sur le carrelage, mais pas de coquille. Je demande alors à la petite ce qu'elle a fait de la coquille et elle me répond très sérieusement : "Titou a 'angé la coquille"... Quoi ? tu as mangé la coquille ?... " NAN !!! a angé...dans f'igo, pffffffff"....je me dirige alors à nouveau vers le frigo que j'ouvre. Je trouve alors, parmi les oeufs, une coquille reconstituée et très bien rangée...J'avais une grand envie de rire surtout que Titou suivait à quelques mètres derrière moi. Je nettoie rapidement l'oeuf...enfin aussi rapidement que je pouvais...car un oeuf à ramasser c'est la galère, ça file de tous les côtés...enfin...bref. Je remonte terminer ma préparation.

J'appelle mes filles et leur demande de s'habiller avec les affaires que je leur ai préparées. La douche a été prise hier soir, pour gagner du temps. Elles s'habillent et j'aide un peu la petite dernière qui bien qu'elle souhaite faire tout toute seule, a quelquefois un peu de mal.

A 8:20 nous décollons pour l'école. J'en dépose une à la maternelle et l'autre en primaire puis je rejoins rapidement mon bureau où je prends à 9:00. Mon mari est parti à 6:45 et commence vers 7:00.

La journée au bureau se passe. Le travail est là et c'est tant mieux. Je ne supporte pas de m'ennuyer.

Vers 18:00, je sors, fais quelques courses et passe récupérer mes filles chez ma mère qui les garde tous les jours, jusqu'à mon arrivée. Elles les fait  goûter puis les aide pour les devoirs. A ce niveau là, ça ne pose pas de problèmes quoique...la méthode pédagogique des instituteurs est quelquefois diffile à cerner dans leur approches des maths avec opérations à trous et de la lecture globale... mais bon.
A 18:30, nous arrivons chez nous. Je range les courses et accompagnent les filles à la salle de bains pour la toilette. Je les installe dans le bain, prend la panière de linge sale au passage et redescent à la cuisine pour mettre en route une machine. Entre temps je pèle quelques légumes que je mets à cuire le temps de laver les filles. Je remonte les savonner et les doucher. Je leur demande d'aller enfiler leur pyjama, je fais quelques petites tresses à titou, elle adore avoir les cheveux ondulés et je redescends préparer le repas. Ce soir ce sera soupe de légume moulinée maison et jambon.
19:30, je les mets à table et la galère commence pour les faire manger. Elles ont plein d'autres choses à faire ou à dire que de s'interresser à leur assiette. Je papote un peu avec elles et le repas terminé je leur demande de mettre leur assiette dans l'évier. Mon mari exige que les filles soient couchées lorsqu'il arrive à 20:00. Je leur demande alors de monter très vite se coucher et après une petite scéance de marionnette, histoire d'amour de deux castors en peluche que mes filles adorent, j'éteinds la lumière. Elles dorment dans la même chambre et souvent leur discussion s'éternisent lorsqu'elles essaient de continuer l'histoire des castors avec l'imagination qui caractérise les enfants. Il est 20:00 et elles ne dorment pas encore. Je mets la table rapidement pour mon mari et moi. En attendant, je sors le linge de la machine et l'étend sur un "himalaya".

La porte s'ouvre brutalement et je sursaute comme chaque soir. Les filles ne dorment pas encore et j'entends leurs petites voix. Mais elles ont aussi entendu la porte et se taisent. "Pfffffffff quelle journée encore...j'en ai plein les basquettes...(bise au passage)...on mange quoi ?" "Soupe, jambon, fromage..." Il s'installe à table après s'étre débarassé de sa malette de vendeur de voitures. Nous commençons à manger et il me fait remarquer qu'il manque le sel, la table est mal mise...il manque toujours quelque chose. Je fulmine mais ne dit rien, je suis fatiguée. Je mets le sel sur la table et j'entends alors de petits pas à l'étage. Pffffffff titou s'est levée. Le père me regarde et me dit ... "elles dorment pas encore ? Je t'ai dit que jeimage61 voulais qu'elles dorment à huit heures ! C'est dingue." Il pousse une gueulante au bas de l'escalier et j'entends à nouveau les petits pas en direction de la chambre. Il monte bruyamment comme pour les effrayer et je l'entends les disputer. Titou pleure, il hurle de plus belle. Puis, le calme revenu, il redescent. Mon coeur bat à 100 à l'heure et j'ai les larmes aux yeux, mais je les cache. J'ai envie de hurler ma colère mais je pense aux filles et ma seule préoccupation est de ne pas les effrayer plus qu'elles ne le sont déjà.  Je lui indique qu'il n'est pas utile de les engueuler et qu'elles s'endormiront sagement comme d'habitude dans quelques minutes. Je débarasse la table, la gorge nouée par autant d'indélicatesse vis à vis de ses enfants,  de moi, de ma journée. Je suis fatiguée de cette vie, je n'aime plus cet homme qui me fait peur par la violence latente qui règne en lui. Nous regardons la télé jusqu'à 22 ou 23 heures et montons nous coucher. Je le laisse monter le premier pretextant quelques bricoles à faire. Je sais qu'il dormira lorsque je monterai à mon tour et j'aurais ainsi évité sa requête...soit disant amoureuse, pas envie, plus envie...

Les filles dorment jusqu'à demain pour une nouvelle journée...identique...

Voila, en attendant d'aller récupérer ma fille aînée, à 1 heure, à la sortie de son travail, j'avais envie de raconter une journée de femme dans laquelle beaucoup pourraient se reconnaître, seule la fin aurait pu être évitée si l'homme qui était mon mari n'avait pas été aussi égoïste, egocentrique... . J'aurais aimé pouvoir réécrire cette fin de soirée...Je demandais le divorce un an plus tard...Mes filles étaient les plus heureuses...