La journée fut à la fois agréable, angoissante, déprimante, surchargée et j'en passe. Ce fut une journée où j'ai dû passer par toutes les couleurs de l'arc en ciel. Ce matin je suis arrivée en retard au bureau à 9:15, embouteillages et stress. Ensuite j'ai lu mes mails professionnels comme je le fais chaque matin, rien d'exceptionnel. J'aurais aimé voir s'afficher le nom de W au milieu des mails reçus...mais rien, déception...En milieu de journée j'ai ressenti un stress profond, comme un abandon, une solitude terrible, sans que je ne l'explique par quoi que ce soit dans le comportement de mon entourage immédiat qui au contraire est plutôt agréable. Je pensais à W. A-t'il définitivement tourné la page ? Je pense que oui et il faut que je fasse de même. Mais c'est terriblement difficile. D'un autre côté, même s'il m'a donné son numéro de téléphone au bureau, je me défend de l'appeler ou de lui envoyer un mail tant qu'il ne donnera pas signe de vie. Le temps fera son travail...inutile de vouloir aller plus vite que la musique. Il faut que tristesse se passe.

J'ai eu tout à coup l'envie de ne rien faire et de ne pas savoir par quoi commencer. Heureusement, mon grand chef est passé me voir pour me demander de réfléchir à de nouvelles analyses statistiques (il a l'habitude de demander toujours l'impossible comme s'il savait que me donner un os à ronger ou un "éléphant à mastiquer" était ce qu'il y avait de mieux pour moi).  Après avoir répondu vite fait à certains mails (j'aime pas laisser en attente ce qui peut se faire en trois minutes) je me suis mise au travail et je n'ai pas décollé avant 19 heures ce soir. L'os était effectivement très gros mais tellement alléchant ;-). Je suis passée voir mon chef et lui ai remis ma proposition...il avait l'air aux anges...satisfaction. J'ai donc passé une grande partie de ma journée plongée dans mes requettes et ça m'a fait du bien même si j'en suis sortie totalement à l'ouest.

Le téléphone sonne, c'est ma fille ainée qui me demande si je peux passer la prendre en ville et l'inviter au resto par la même occasion. Tiens ! en voila une idée qu'elle est bonne ! J'ai plié mon portable à vitesse grand V avant que mon "cher" patron ne repasse me voir avec des questions  et je suis partie rejoindre ma fille. Une amie à elle venait d'appeler et allait se joindre à nous pour la soirée mais il faut passer la prendre devant chez elle.

Me voila avec deux grandes "filles", installée à la terrasse d'un resto mexicain... j'aime bien le mexicain, ça me rappelle la cuisine espagnole ;-). L'amie de ma fille est bulgare et nous avons parlé de sa mère partie avec elle au USA, il y a une dizaine d'années, avec 300 dollars en poche et un diplôme de mathématicienne. Elle vient de trouver un emploi dans une des plus grandes écoles de NY. Cette femme a eu beaucoup de courage de tout recommencer à 0 dans un pays inconnu. Je ne sais pas si j'aurais pu...mais la question ne se pose plus pour moi. Aujourd'hui elle fait des conférences dans le monde entier et doit rejoindre sa fille en Bulgarie pour quelques jours en Juillet avant de repartir au USA.

Ensuite j'ai soumis l'idée de se faire une toile et nous sommes allées voir "La maison du bonheur" avec Dany Boon et Michèle Laroque. C'est le seul film qui passait à 21:45 ce qui nous évitait d'attendre. J'avoue que pour clôturer une journée comme celle-ci il ne m'en fallait pas plus. Nous avons bien ri et c'est ce dont j'avais le plus besoin.